Être artiste en Algérie est synonyme de souffrance. Les artistes se disent marginalisés et la majorité d’entre eux ne vivent pas de leur passion, sinon, celle-ci ne leur garantit qu’un statut de survivant. L’un de ces artistes s’est exprimé face à la caméra d’Echourouk pour faire part de son désarroi.   

Yamnie Ali, dessine des portraits dans les ruelles de la capitale. Les gens l’aiment bien et des fois il parvient même à séduire quelques passants auxquels il réalise des portraits. Cet artiste est un vrai passionné. Il aime son art à un point tel qu’il a décidé de dessiner dans la rue, assis sur un petit tabouret. Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à prendre la rue pour abri, Alirépond :

« Je dessine des portraits dans la rue. Je ne le fais pas parce que j’aime dessiner dans la rue, mais parce que je ne peux le faire ailleurs».

L’artiste se plaint également de ne pouvoir vivre de sa passion. Et pourtant, il est diplômé des beaux arts. « Je suis diplômé des beaux arts. J’ai fait des études d’art pour finir dans des ruelles a faire des portraits avec des moyens dérisoires », explique-t-il avant de déplorer la situation des artistes en Algérie.

« Pourtant, l’artiste devrait avoir une place particulière dans la société. On devrait au moins de respecter. On doit aussi s’occuper de lui comme c’est le cas dans les pays développés. L’artiste devrait pouvoir vivre de son art », a-t-il dit.

En plus de toutes les difficultés financières auxquelles font face les artistes en Algérie, ces derniers sont dénigrés. En tout cas, c’est ce qu’affirme Ali, qui dit que la police vient des fois l’harceler en lui réclamant une autorisation.

 « On nous laisse pas vivre notre art, notre passion. Si la police vient te voire, elle te demander de décliner une autorisation », a-t-il expliqué, dépité.

Vidéo. La désillusion des artistes en Algérie /  Quand la rue devient un exutoire
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