Les députés sont en plein débat sur le projet de loi du règlement intérieur de l’Assemblée populaire nationale (APN). Ils réclament unanimement l’annulation des dispositions relatives à l’instauration de sanctions en cas d’absence et ils réclament des augmentations ainsi qu’un passeport diplomatique !

Ce sont deux députés femmes du RND et du FLN qui, dans leurs interventions, ont réclamé une augmentation de salaire, car leur « rémunération actuelle ne suffit pas pour joindre les deux bouts ». «Il y a beaucoup de dépenses», disent-elles !

Quand on verse dans le ridicule, on s’applique. La requête faite par d’autres députés en donne un aperçu. Ces derniers ont réclamé des passeports diplomatiques, car comme ils le disent, ils ont des difficultés à accéder à l’espace Schengen !

Cependant, cette dernière requête n’a aucune sorte d’intérêt si les « représentants du peuple » n’ont pas assez de temps pour s’y rendre et c’est pour cette raison qu’ils se sont littéralement acharnés sur la nouvelle loi sur le règlement intérieur de l’APN. Ce qui a irrité le plus c’est l’article 69 de ce projet qui prévoit des sanctions financières à l’encontre des députés en cas d’absence aux travaux de l’Assemblée.

À la base de cette nouvelle mesure, l’article 116 de la loi fondamentale qui stipule que «les règlements intérieurs de l’Assemblée Populaire Nationale et  du Conseil de la Nation prévoient des dispositions relatives à l’obligation de participation effective de leurs membres aux travaux des commissions et des séances plénières, sous peine de sanctions applicables en cas d’absence».

Les députés FLN et RND soulignent une «mauvaise» interprétation de cette disposition de la constitution. «L’absence visée dans la Constitution s’entend de l’abandon total par le député de ses tâches parlementaires et non pas des absences successives», a déclaré Mohamed Kadik du FLN. En somme, les députés algériens sont déterminés à faire de l’absentéisme, un droit intouchable.

Elyas Nour

APN / Les députés réclament une augmentation, un passeport diplomatique et l’institutionnalisation de l’absentéisme
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