Poursuivi en justice pour « espionnage » en faveur d’entité ennemie, notamment Israël, le blogueur Merzoug Touati risque gros. Ce dernier est passé devant le juge ce mercredi au tribunal de Béjaïa.

« Chaque jour que Merzoug Touati passe en prison est un jour de trop et entache un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains. « Il est absurde qu’un post exprimant une opinion pacifique sur Facebook puisse entraîner une condamnation à mort. Merzoug Touati incarne les rêves brisés d’une génération dans un pays où la liberté d’expression est régulièrement mise à mal, a déclaré Heba Morayef », a affirmé la directrice régionale pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.

«Les autorités algériennes doivent libérer immédiatement ce prisonnier d’opinion, dans l’attente de son procès pour ses publications en ligne. », ajoute cette organisation dans un communiqué rendu public ce mercredi.

Le 24 octobre, la chambre d’accusation du tribunal de Béjaïa a soumis l’affaire au tribunal pénal, inculpant Merzoug Touati d’« incitation à prendre les armes contre l’autorité de l’État », « incitation à un attroupement non armé », « intelligence avec une puissance étrangère dans le but de nuire aux relations diplomatiques » et « incitation à des rassemblements et des sit-in dans des lieux publics».

Le blogueur a été arrêté en janvier 2017 après avoir mis en ligne sur son blogue Alhogra, la vidéo d’un entretien qu’il avait eu avec Hassn Kaabia, porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien pour le monde arabe et ex-colonel de Tsahal. Merzoug Touati avait interrogé l’officiel israélien sur « l’implication de son pays dans les troubles qui ont secoué l’Algérie à l’époque.

Libertés/ Amnesty se soucie du sort du blogueur Merzoug Touati jugé pour espionnage pour le compte d’Israël
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