Par F | mars 15, 2011 5:31

Commentant, il y a quelques mois, la confusion autours de l’état de santé du patron du DRS, le Général Toufik, un analyste britannique avait estimé que le fait même que des informations circulaient sur le bilan médical de cet homme mystérieux était en soi un signe de faiblesse. Aujourd’hui mardi 15 mars 2011, nous sommes passés à une autre étape puisque le quotidien «El Watan» a publié un dossier pour le moins critique sur le DRS.

En Algérie, aucun média ne peut citer le DRS et son patron sans «autorisation», encore moins le critiquer. Au minimum, «El Watan» a perçu des signes de faiblesses de cet appareil redoutable qu’on osait à peine évoquer en public, il y a quelques années. Que s’est-il donc passé ? Personne ne peut l’expliquer avec exactitude tant la pratique politique en Algérie est opaque et hermétique. Mais des signes et des informations non confirmées circulent depuis quelques semaines sur une contre-attaque agressive lancée par le Président Bouteflika pour se débarrasser définitivement de la «tutelle» des militaires, dont Toufik constitue le dernier symbole.

Des sources anonymes ont fait part à «Algérie-Focus.Com» d’accusations formulées récemment par le président de la République contre le Général de corps d’Armée Mohamed Mediène, dit Toufik, qui aurait tenté de «renverser» le Régime de Bouteflika «à trois reprises» durant ses deux premiers mandats. Ces mêmes sources ont indiqué que Bouteflika avait décidé de dissoudre la Commission d’enquête qu’il avait instauré il y a presque deux ans et qui visait «un organisme secret appartenant au Département du renseignement et de la sécurité et qui serait inexistant au sein de l’organigramme du ministère de la Défense».

Le Président soupçonnait, selon cette même source, cette «structure fantôme d’avoir déstabiliser son régime durant les années précédentes en plus du fait d’avoir engager sa responsabilité dans ce qu’il avait appelé l’affaire Boudiaf et Fodil Saidi». On explique que Bouteflika avait lancé à son entourage que «le dossier est clos, faute d’éléments a charge». Mais des observateurs estiment qu’à travers cet acte, Bouteflika voulait calmer les militaires algériens qui y voyaient «une atteinte à toute l’institution militaire» et gagner leur appui face à son rival, Toufik. C’est désormais chose faite. Le Chef de l’Etat a en effet pu, au moyen d’une stratégie longue et calculée, récupérer une partie du DRS, par les promotions en cascades de Généraux lui prêtant
allégeance.

Privé de ses appuis, le Général Toufik s’est retrouvé petit à petit sans camp. Les événements régionaux ont accéléré la cadence des événements. En fin politicien, Bouteflika a pu transformer une situation explosive à son avantage en nouant des contacts avec d’anciens militaires dissidents, à l’image de Samraoui. On évoque même un rapprochement avec des opposants établis à l’étranger et une possible initiative politique interne.

Pour éviter le scénario tunisien, le président de la République envisage, selon plusieurs sources, un nouveau scénario qui provoquera dans son sillage, la
reconfiguration du DRS. Bouteflika prévoit, en effet, de réviser la Constitution, de dissoudre le Parlement, d’ouvrir le champ politique et de redonner au DRS son rôle originel, celui de service secret chargé de la sécurité du pays contre les menaces extérieurs. «Il veut finir en beauté», dit notre source.

C’est bien beau tout ça, encore faut-il avoir la volonté et les moyens de le faire…

D. Meftah


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