• Par F | décembre 26, 2012 10:48
    boutef

    C’est aujourd’hui même que le Président de la République doit signer la loi de finances pour l’année 2013. Une cérémonie qui intervient à un moment ou la question de la soutenabilité des finances publiques continue d’alimenter le débat national.

    Face à la dépendance croissante du budget de l’Etat vis-à-vis des recettes pétrolière et même si le gouvernement tente de minimiser leur importance, les coupes budgétaires annoncées vont surtout concerner les dépenses d’équipement de l’Etat tandis que les dépenses de fonctionnement continueront d’être dopées par de nombreuses création de postes de fonctionnaires. Le mouvement a d’ailleurs été largement engagé depuis plusieurs années et devrait encore s’amplifier en 2013. Un cocktail explosif qui fait aujourd’hui de l’Algérie un pays qui importe de moins en moins de biens d’équipements et de plus en plus de véhicules de tourisme…

    Des dépenses  de fonctionnement réputées «  incompressibles »

    Le maintien de la paix sociale n’a pas de prix et bien que le ministre des finances ait affirmé récemment en guise de présentation du budget 2013 :« Il faut qu’il y ait aujourd’hui une prise de conscience sur le fait que nous avons besoin d’une approche beaucoup plus prudente en matière de dépenses notamment celles de fonctionnement et surtout celles relatives aux salaires de la Fonction publique où nous avons atteint le plafond », Il ajoutait aussitôt « je peux vous assurer que la dépense salariale, les transferts sociaux et les soutiens des prix ne seront pas touchés ».

    On comprendra mieux le souci exprimé par Karim Djoudi si on se rappelle que les dépenses de fonctionnement de l’Etat sont en pleine explosion depuis plus de 5 ans. La législature qui vient de s’achever a été marquée par une véritable boulimie de dépenses. Entre 2007 et 2012 les dépenses courantes de l’Etat ont pratiquement été multipliées par 3 en passant de 22 à 65 milliards de dollars. Le budget 2013 tente de ramener les dépenses courantes à un “niveau plus acceptable” notamment grâce à la fin des opérations du versement des rappels sur les salaires de la Fonction publique. Il n’empêche que le parlement a encore approuvé pour l’année prochaine des dépenses de fonctionnement de près de 60 milliards de dollars ( environ 4400 milliards de dinars) qui prennent en charge notamment la création de plus 52 000 nouveaux postes dans la Fonction publique.

    Les investissements de l’Etat en baisse….

    Pendant ce temps ce sont les dépenses d’équipement qui stagnent voire qui reculent. Dans le budget 2013, elles atteignent un peu plus de 30 milliards de dollars (2500 milliards de dinars) soit exactement le même niveau qu’en 2008. Entre temps leur part dans le budget de l’Etat est passé de 60% à  seulement 38 % aujourd’hui. Cette tendance à la réduction des dépenses d’équipement est encore renforcée si on considère les conditions d’exécution du budget de l’Etat révélées par les dernières lois de règlement budgétaires. Les principaux secteurs bénéficiaires de l’allocation des ressources sont dans l’ordre et sans surprises, le rail, les routes, le logement et l’hydraulique.

    Face à la croissance apparemment irrésistible des dépenses de fonctionnement, la cure d’austérité mise en œuvre par les pouvoirs publics s’applique donc depuis plusieurs années aux investissements publics. C’est encore Karim Djoudi qui confirmait récemment dans ce domaine que « les projets en cours continueront d’être financés alors que les financements de nouveaux projets seront étudiés au cas par cas selon les priorités fixées et selon les capacités de financements. » M. Djoudi aurait pu ajouter que les nouveaux projets ont d’autant moins de chance de trouver des financements que la loi de finance pour 2013 prévoit une nouvelle baisse de 10% des dépenses d’équipement de l’Etat alors même que les projets en cours, dont le stock « en attente » atteint désormais des montants considérable, ont fait l’objet d’une réévaluation de près de 7 milliards de dollars.

    …Les importations de biens d’équipement aussi

    Le texte des lois de finance n’est pas le seul témoin de la baisse des investissements publics enregistrée au cours des dernières années. Un expert proche des organisations patronales nous faisait remarquer récemment que cette dernière est également lisible en clair dans les résultats du commerce extérieur. L’année dernière, déjà, la part des biens d’équipement dans les importations algériennes s’était réduite sensiblement passant de près de 40% à moins de 35%. Une  tendance qui s’est accentuée encore depuis le début de cette année. Les statistiques des douanes livrées dernièrement  constatent qu’au cours des 10 premiers mois de l’année  2012, les importations de biens d’équipements industriels sont  en recul de plus de 23%. Une réduction des achats d’équipement qui touche également le secteur agricole dont les importations dans ce domaine sont en baisse de 24%. Comme La cure d’amaigrissement imposée aux investissement de l’Etat par les pouvoirs publics épargne en revanche les dépenses courantes, c’est très logiquement que les importations de véhicules de tourisme sont en pleine explosion et que leur facture pourrait atteindre cette année près de 6 milliards de dollars pour près d’un demi million de voitures importées dans le sillage des augmentations de salaires et des rappels octroyés aux fonctionnaires depuis 2011. Pas forcément une très bonne nouvelle pour l’économie algérienne.

    Hassan Haddouche



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