Typee: A Peep at Polynesian Life
Typee: A Peep at Polynesian Life est un travail sur papier (250 cm x 150 cm) qui a été réalisé à partir de l’écoute de la version audio (de plus de 10h) du premier roman d’Hermann Melville, Typee: A Peep at Polynesian Life (Typee, un éden cannibale), un récit de voyage, écrit en 1846. Le texte a été partiellement retranscrit de manière subjective et fragmentaire, la partie « occultée » correspondant à la partie « dessinée ».
Les fragments de texte renvoient à un certain imaginaire collectif occidental se cristallisant autour de l’expansion impérialiste française et britannique (qui se disputent dans le récit ce bout de territoire aux antipodes de l’Europe) au cours du 19e siècle. Cette thématique entre encore en résonnance avec une audience contemporaine et renvoie à la rencontre (voire le « clash ») entre un monde « civilisé» et un monde « primitif» (« sauvage »), tous les deux fantasmés. Et à la construction de l’Autre à partir d’une vision ethnocentrique du monde.
Entre récit de voyage et roman d’aventure, Typee, est basé en partie sur des faits réels dont Melville aurait été témoin lors de son premier voyage comme marin dans les Iles Marquises. Certains mots sont répétés à travers tout le roman (comme des « motifs »), et retranscrits sur toute la surface : taboo, tatoo, cannibale, savage, primitive, civilized. On est amené par le biais de différentes combinaisons (et reconfigurations) et associations de mots/fragments possibles à une forme de réécriture mentale de l’œuvre originale, et donc à sa transformation.
>>> Voir aussi (p. 3-8) la revue d’art en ligne mexicaine (hispanophone) Narrativa a la deriva: Nomastique #8 – Imagen vs Palabra
>>> Croisement entre art, cartographie et politique (mémoire de recherche)



