Depuis la publication de la loi de finance complémentaire 2009, analystes économistes et patrons réagissent aux nouvelles mesures. Quel est l’impact de ces décisions sur l’adhésion de notre pays à l’OMC ?

M.Mebtoul : C’est terminé. L’Algérie ne sera jamais à l’OMC. Les dernières mesures prises dans la loi de finance complémentaire sont contraires aux règlements de cette organisation mondiale. La restitution des crédits à la consommation, la part des sociétés étrangères dans les projets d’investissement fixée à 49% sont entre autre des mesure qui vont à contre courent des bases de l’économie de marché. Le gouvernement est en train d’agir comme il le faisait dans les années 70 avec une injonction d’une administration autoritaire.

A votre avis, que veut faire le gouvernement en instaurant toutes ces mesures ?

Le problème c’est que nous ne savons même pas ce qu’il veut. C’est le flou total. Il n’ya pas de pilote à bord et il n’y a aucune logique économique. Comment voulez-vous adhérer à l’OMC alors qu’on ne sait pas ce qu’on veut. On nous disait auparavant qu’on n’est pas touché par la crise, mais toutes ses mesures confirment que l’Algérie est touchée de plein fouet. On est ni dans l’économie de marché ni dans l’économie administrée. Le gouvernement est en train d’asphyxier l’économie nationale. D’un côté, il pénalise les entreprises étrangères avec les mesures d’investissement très restreintes et de l’autre côté, il punit les sociétés nationales avec le crédit documentaire.

Justement, sur ce point, le patronat vient de réagir contrariant cette mesure et contestant le fait qu’il n’a pas été associé. Qu’en pensez-vous ?

Ce qui est étonnant c’est que le patronat s’est brusquement réveillé en réagissant à ces mesures. Je suis tout à fait d’accord avec lui concernant le crédit documentaire. Le crédit documentaire est pourtant une procédure normale mais il faut qu’il y ait de véritables banques qui maîtrisent le produit. Or ce n’est pas le cas dans notre pays. Je vous donne un exemple, pour avoir mon chéquier j’ai du attendre plus de 8 mois, comment voulez-vous que les banques soient à la hauteur pour mener des opérations de cette importance. Aussi, on ne restreint pas les importations par des mesures administratives.

Dr A Mebtoul

(Interview à Algérie New’s en français le 10 août 2009 réalisée par Amalou Fatiha )

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