Les chercheurs algériens font peu ou pas du tout de recherches et par la même occasion, n’inventent presque rien. Le directeur des brevets à l’Institut national algérien de la propriété industrielle (INAPI), Djamel Djediat, a donné aujourd’hui des explications quant à cette situation.

«Les règlements des universités ne permettent pas aux doctorants de tirer un bénéfice commercial de leurs travaux mais seulement une reconnaissance morale. Il faut que les universités algériennes changent afin de mieux valoriser les inventeurs», a-t-il déclaré, dans des propos repris par l’APS, lors d’une conférence animée en marge du salon national de l’innovation.

Par conséquent,  de nombreux chercheurs, aux compétences avérées, évitent de fournir d’inutiles efforts sachant qu’il n’y aura aucune «récompenses» au bout. Cet état de fait a conduit certains d’entre eux, ajoute le même responsable, à commettre même des actes «répréhensibles». Ils déclarent leurs inventions ou sujets de recherches en tant que chercheurs indépendants. Sauf que, ajoute-t-on de même source, il suffit de comparer ces travaux avec les thèses de doctorat par exemple, pour se rendre compte que c’est le résultat d’une recherche faite à l’université.

Et si cette dernière ne peut pas «payer» ses chercheurs c’est parce que la réglementation ne lui permet pas. «La majorité des inventions brevetées en Algérie sont officiellement le fait de chercheurs non universitaires. Mais, il suffit de voir les mémoires de présentation de leurs inventions pour reconnaître la méthodologie d’un universitaire. Il s’agit bien évidemment d’une entorse, à la fois, à la réglementation et à la loi. Mais notre souhait, à l’INAPI, est que les universités prennent des mesures susceptibles de satisfaire les deux parties», a déclaré Djediat.

En somme, c’est le statut actuel de l’université algérienne qui freine la recherche et l’innovation.

Elyas Nour