Après avoir interdit toute manifestation publique, le pouvoir veut limiter la liberté d’action même aux députés qui, pourtant, bénéficient de l’immunité parlementaire. Alors qu’ils s’apprêtaient à animer, à l’intérieur de l’APN, une conférence de presse, des députés de l’opposition ont été surpris par l’intrusion du secrétaire général de l’Assemblée qui leur a demandés de quitter les lieux. Des journalistes, venus nombreux y assister à la conférence de presse, ont été, pour leur part, empêchés d’entrer dans l’enceinte parlementaire.

Des minutes de conciliabules ont permis aux députés, représentant au moins six groupes parlementaires, de faire une communication à l’adresse de la presse. Ils ont notamment dénoncé le passage en force de la loi de finances 2016. Pour faire annuler le texte, les députés ont décidé de saisir le Conseil constitutionnel. Chose que la Constitution actuelle ne permet pas. La saisine du Conseil constitutionnel ne peut être faite que par le président de la République.

Les parlementaires qui ont tenté de tenir la conférence de presse sont issus de l’Alliance de l’Algérie verte, du Parti des Travailleurs, Mouvement El Adala et mouvement El Binaa. Les députés du FFS, qui avaient participé à la tentative d’empêcher l’adoption de la loi de finances la semaine dernière, n’ont pas assisté à la rencontre d’hier.

Essaïd Wakli