A l’occasion de la journée internationale de lutte contre la corruption, l’association nationale de lutte contre la corruption a publié un communiqué exprimant toutes ses désillusions vis-à-vis de l’expansion fulgurante de ce fléau qui ronge notre société.

Sous le titre « La lutte contre la corruption en Algérie, un combat perdu d’avance dans le contexte actuel », l’association fait un plaidoyer accablant et tire la sonnette d’alarme, soulignant un certain laxisme et une certaine convenance des pouvoirs publics vis-à-vis de ce qui est qualifié, dans ce communiqué, de « corruption politique ».

Le communiqué énumère les transgressions relevées dans un certain nombre de points culminant avec «le non respect du pouvoir algérien de la Convention des Nations Unies contre la corruption, qui  est le premier instrument international juridiquement contraignant de lutte contre la corruption». Il souligne également que « le pouvoir algérien viole ouvertement les aspects les plus importants de la lutte contre la corruption que sont la prévention, l’incrimination, la coopération internationale, le recouvrement d’avoirs et la participation de la société civile à la lutte contre la corruption», permettant ainsi à l’oligarchie de contrôler la rente pétrolière  et de détourner des sommes faramineuses vers  l’étranger sous différentes formes.

La banque d’Algérie et les services des Douanes sont désignées par cette association comme étant les instruments qui servent à cette oligarchie à opérer des transactions illicites et à transférer illégalement de l’argent et des biens vers l’étranger.

Il est souligné également, que «le climat international défavorable incite les Etats dits démocratiques à utiliser l’argent sale des responsables algériens». «La fuite des capitaux semble ne pas intéresser les organisations non gouvernementales étrangères qui militent dans le cadre de la lutte contre la corruption».

Dans la même logique, il est expliqué que les différents scandales de corruption à l’instar de Sonatrach 1 et 2 et l’affaire de l’autoroute Est-Ouest, dont les procès ont défrayé la chronique,  ne sont en réalité que des mises en scène du pouvoir pour clore définitivement les grands dossiers de corruption. La loi de finances 2016 est également mise en cause et pointée du doigt pour «concrétise la légalisation de la corruption par des dispositifs approuvés par un organe producteur de la corruption politique».

L’association dénonce également une intimidation systématique des militants qui luttent contre ce fléau économique, et rappelle que les associations sont interdites d’activité légale.

L’association lance, par ailleurs, un appel en directions du  peuple pour se mobiliser et s’unir en vue de mettre un terme à cette politique suicidaire mettant en péril la Nation et ses richesses et hypothéquant l’avenir des générations futures. Seul un changement radical et pacifique mettant un terme à l’illégitimité du pouvoir qui perdure depuis l’indépendance permettra, selon ce communiqué, de sortir de cette impasse et de cette faillite et de construire un Etat de Droit et souverain.

Massinissa Mansour

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