Le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Mounia Meslem Si Amer, a dévoilé, mardi, lors d’une rencontre sur « le Service d’observation et d’éducation en milieu ouvert » (SOEMO), son ambition à mettre sur pied une charte de travail avec le mouvement associatif pour renforcer la prise en charge sociale sur le terrain. Cette ambition est-elle juste de la poudre aux yeux ou exprime-t-elle une volonté réelle d’en finir avec les pratiques liberticides du pouvoir à l’encontre de la société civile?

La responsable de ce secteur a indiqué que cette action s’inscrivait dans le cadre d’un large plan visant à améliorer la prise en charge sociale avec la participation active des associations au niveau local. La ministre a souligné également, que l’efficacité d’un tel plan dépend de l’implication de la société civile qui doit, selon elle, être un acteur de premier plan  pour remplir son rôle de « trait d’union » entre les pouvoirs publics et les différentes couches sociales.

En parallèle à ces déclarations optimistes, le milieu associatif a mainte fois dénoncé et continue de le faire, les obstacles dressés par les pouvoirs publics qui tentent de contrôler sinon museler ces associations qui fournissent, à travers leurs différentes publications des documents accablant, faisant état de la situation dans lequel elles végètent, apportant ainsi de l’eau au moulin des ONG internationales qui n’ont de cesse de pointer du doigt les tendances liberticides du gouvernement algérien en la matière.

Faut-il rappeler que les moyens d’action du mouvement associatif sont très dérisoires et la présence même d’une société civile autonome des acteurs politique et économique reste insignifiante. A ce sujet, plusieurs publications académiques ont tenté de démontrer les difficultés de cette société civile à s’émanciper «de l’emprise des gouvernants, fort habiles pour coopter et instrumentaliser des acteurs associatifs nécessaires à la construction de sa légitimité tant interne qu’externe».

D’autre part, la naissance sinon le renforcement du mouvement associatif à caractère social constitue un facteur de prise de conscience à même d’éclairer les citoyens sur les méthodes utilisées par les pouvoirs publics pour gérer leur environnement social, économique et même politique. Les autorités algériennes ont de tout temps développé une hostilité viscérale envers ces organisations quelle que soit leur nature. Ces dernières sont soumises à un contrôle draconien et les agréments ne sont remis que de manière très sélective, redoutant un foisonnement pouvant remettre en cause le choix des politiques publiques, occultant ainsi, le fait que ce mouvement associatif peut jouer le rôle de modérateur entre les décideurs et les citoyens.

Il est temps que les autorités algériennes délaissent ce modèle de gestion issu du parti unique. Une modernisation du modèle social algérien est plus que jamais nécessaire, car un changement dans ce sens est le seul moyen pour garantir des canaux de communication entre les gouvernants et les gouvernés en ces temps de grande incertitude.

Massinissa Mansour  

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