Ignorant les réserves de la société et de l’opposition, Abdelaziz Bouteflika a fini par signer, mercredi, la loi de finances 2016. Et comme il est de coutume, la cérémonie a été marquée par la présence de tous les hauts responsables de l’Etat. Et pas seulement les membres du gouvernement. Cela a donné une certaine solennité à l’évènement qui se produit chaque année.

Dans le communiqué de la présidence de la République, il est mentionné que la Loi de Finances a été paraphée comme elle a été entérinée par les deux chambres du parlement. Elle sera ainsi la loi de finances qui a suscité le plus de controverse depuis l’indépendance du pays en 1962.

Des groupes parlementaires, à l’image de ceux du Parti des travailleurs, des partis islamistes et du FFS ont longuement bataillé au sein de l’APN pour faire échec à cette loi de finances ou, tout au moins, certaines de ses dispositions. Il s’agit notamment de l’article 71 qui donne le droit au ministre des Finances de modifier et réorienter un budget prévu dans la loi. A cela, il faut ajouter l’article 66 qui ouvre les portes de la privatisation aux entreprises publiques.

Pour rassurer, le gouvernement a expliqué que l’ouverture du capital des sociétés publiques sera soumis à l’approbation du Conseil des ministres, tout comme un changement de budget devra avoir l’assentiment du chef de l’Etat.

 A noter, par ailleurs, qu’au vu de la chute continue des prix du baril, qui sont passés en dessous du prix de référence de 37 dollars ayant servi à la confection de cette loi, celle-ci est d’ores et déjà considérée comme caduque. Les experts évoquent la nécessité de recourir, à brève échéance, à une loi de finances complémentaire.

Essaïd Wakli

 

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