Le gouvernement tente mettre en application sa nouvelle stratégie touristique visant à promouvoir le secteur, à travers une panoplie de projets qui, selon les déclarations d’Amar Ghoul, entreront en service en 2016 et 2017. Mais les infrastructures sont-elles suffisantes pour ce faire?

Sur les pas de la stratégie marocaine et la tunisienne en matière de tourisme, l’Algérie ambitionne d’insuffler une dynamique à ce secteur devenu incontournable, voire vital pour une économie otage des caprices du marché pétrolier.

En effet plus de mille projets, comprenant hôtels, complexes, villages, clubs touristiques et autres unités de l’industrie hôtelière, ont été édifiés par l’entremise de financements publics et privés, à hauteur de 500 milliards de dinars, fruits d’un accord entre le ministère de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat et le ministère des Finances.

Il est utile de signaler que l’État a érigé quelques 2000 hôtels, une ou deux étoiles, destinés à attirer une clientèle locale, synonyme de la volonté de l’État à développer le tourisme intérieur.

Mais est-il suffisant d’édifier des hôtels pour mettre en oeuvre une politique touristique efficiente? Certainement pas. Le tourisme est avant tout une question de culture et d’environnement global dans un pays. Comment effectivement croire à une stratégie touristique dans un contexte d’insécurité chronique, de difficultés économiques multiples et d’abandon du patrimoine culturel matériel et immatériel? Mais par dessus tout, comment rêver d’un tourisme ouvert sur le monde dans un pays en proie à une chape de plomb morale étouffante, imposée par les courants ultra-conservateurs auxquels appartient, d’ailleurs, le ministre du secteur lui-même?

Massi Mansour

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