Renouvellement des membres du Sénat/ Bensalah, le symbole du statu quo

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Contrairement au discours mielleux du pouvoir qui veut vendre l’idée selon laquelle les élites politiques seront renouvelées, la reconduction de Abdelkader Bensalah comme président du Conseil de la nation n’augure rien de bon pour l’émergence d’une vraie démocratie dans le pays. Car, en plus de l’âge avancé de l’homme (75 ans), le mode de désignation d’un responsable d’une chambre parlementaire laisse poser de vraies questions sur les intentions de Bouteflika.

Ainsi, après avoir laissé planer le suspens, le chef de l’Etat -ou son entourage- a finalement livré la petite liste qui contient les nouveaux promus au Conseil de la nation. A un détail près, le changement ne répond bien sûr pas au critère de compétence ou de probité, mais plutôt à des considérations clientélistes. La preuve est que les vieux barons de la politique, dont une partie symbolise même l’ère du parti unique, n’ont pas quitté leur position de sénateurs ; un poste qui offre des revenus confortables en ces temps des vaches maigres. Plus, la nomination à ce poste est souvent utilisée pour récompenser les laudateurs et punir ceux qui osent, un jour, élever la voix.

Abdelakder Bensalah résume, à lui seul, la symbolique du système. Voilà un homme –tout comme Bouteflika d’ailleurs- qui vient d’un autre temps et qui occupe, depuis au moins 25 ans et sans interruption, un poste aussi élevé qu’un président du Conseil de la nation ou celui de l’Assemblée populaire nationale. On le sait, l’homme est fidèle, presque sans voix lorsqu’il s’agit d’engager des débats. Mais vu son âge et son état de santé, son maintien à la tête d’une institution où il risque de suppléer une éventuelle vacance du poste de président de la République signifie qu’il n’y a pas beaucoup d’Algériens capables d’assumer de telles responsabilités.

Par ailleurs, le maintien de ce personnel politique est un signe d’un statu quo qui caractérise les relations entre différentes factions du pouvoir. La preuve ? Les noms qui étaient avancés pour remplacer Bensalah restent, eux aussi, à leur place. Jusqu’à quand ?

Essaïd Wakli

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