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Traditionnellement en France, la fin de l’année est marquée par des manifestations conviviales au cours desquelles on présente ses meilleurs vœux, pas seulement en famille ou entre amis, mais aussi entre institutions et organismes publics ou privés.

Dans ce dernier cas les ambassades à Paris soignent leurs relations et assurent leurs lobbyings en faisant parvenir à leurs partenaires français ou étrangers des cadeaux sympathiques, très souvent en provenance des pays d’origine, accompagnés de petits mot d’amitié et de considération.

Certaines ambassades se surpassent littéralement dans le raffinement de leurs cadeaux pas nécessairement de grande valeur, mais particulièrement bien présentés. L’ambassade du Maroc mérite largement sa bonne réputation en la matière et pour les soins qu’elle déploie pour entretenir les meilleures relations avec tout ce que comptent  la société française et les représentations étrangères de personnalités importantes dans tous les domaines.

L’ambassade d’Algérie, qui fait des efforts depuis quelques temps pour ne pas être en reste, essaie de faire bonne figure en se rappelant au bon souvenir des quelques amis qui lui restent, en leur faisant parvenir des cadeaux, elle aussi, comme toutes les ambassades. La scène se passe à Paris. Une personnalité politique membre du parti « les Républicains », participe à un cocktail dans une des permanences de ce parti à l’occasion de la présentation des vœux de fin d’année, et déballe comme tous ses collègues les cadeaux qui sont parvenus à la permanence. Tout fier de présenter le cadeau reçu de l’ambassade d’Algérie, pays pour lequel ses liens d’amitié lui valent de se faire persifler périodiquement, il défait un grand paquet dans lequel il y avait …deux bouteilles de vin d’Algérie et un paquet de dattes accompagnés d’une carte de la présidence de la République mentionnant en lettres imprimés en français les meilleurs vœux du Président Abdelaziz Bouteflika.

Certes, le vin est une production nationale dont la qualité n’est pas toujours égale mais il tient difficilement la comparaison avec le vin français. Soyons beau joueur et ne retenons que le symbole. Il saisit le le paquet de dattes pour en distribuer à ses collègues et amis. Les dattes étaient vermoulues de couleur brune et jaune au milieu des restes de vers réduits en poudre noire. Probablement du millésime précédent.

Rien à ajouter. Rien à commenter. Rien de surprenant.

Jusqu’où allons-nous continuer à dériver ainsi ? Dans un réflexe de grande noblesse, notre ami a eu la délicatesse de ne pas ouvrir les cadeaux reçus des ambassades du Qatar et du Maroc. Celui de la Tunisie, contenait un assortiment d’huile d’olive de différentes provinces et surtout un magnifique paquet de dattes brillantes  qu’il s’est empressé de mettre au-dessus du paquet algérien, avant l’arrivée du gros des troupes des invités dont il entendait les pas dans le couloir.

Pour un pays pauvre, dans une situation politique difficile et des conditions sociales désastreuses, cela ne manque pas de panache, du côté de Tunis. L’Algérie produit traditionnellement de la très bonne huile d’olive, et surtout deglet nour, la meilleure variété de dattes au monde.

Rien à ajouter. Rien à dire. C’est comme ça.

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