Visite dans une zaouïa, sorties médiatiques et offre de service : le retour de Chakib Khelil en Algérie n’a rien d’anodin. Sa nouvelle immersion dans le paysage politique national est tout sauf le retour d’un homme en mal du pays.

Depuis l’arrivée par l’aéroport d’Oran, où il a été reçu par le wali, Abdelghani Zaalane, au salon d’honneur, jusqu’à cette interview accordée, jeudi à Djelfa, à Ennahar TV (la même qui ouvre l’antenne à tous ceux qui veulent régler leurs comptes avec l’ex-DRS), en passant par les éloges de Amar Saadani, Chakib Khelil a tracé, petit à petit, sa voie. Par la grâce d’un clan présidentiel aussi mystérieux qu’énigmatique, l’ancien ministre de l’Energie et des Mines devra être nommé, dans les prochains jours, à un poste de responsabilité au plus haut niveau de l’Etat.

Si depuis l’apparition de l’ancien ministre sur les écrans de la chaîne américaine Blomboorg, certains observateurs politiques doutaient que le pouvoir pouvait se permettre de pousser l’audace jusqu’à réhabiliter celui que beaucoup d’Algériens considèrent comme un corrompu, l’accélération des évènements depuis le retour «officiel» de l’homme prouve que l’éventualité de la nomination de Chakib Khelil à un poste important au niveau des appareils de l’Etat n’est pas une vue de l’esprit. Preuve en est que tous ceux qui prennent sa défense aujourd’hui, lui prédisent un nouveau destin. Le dernier en date -qui a fini par prendre le train en marche- est Ahmed Ouyahia qui estime, en harmonie avec Amara Saadani, que l’Algérie «a besoin» des «compétences de Chakib Khelil». Le secrétaire général du FLN est allé plus loin: il a suggéré que l’homme pourrait être nommé comme «conseiller» à la Présidence de la République.

Pour ne pas gâcher la fête de ses admirateurs, l’ancien président de l’OPEP, précise qu’il se mettait «au service de l’Algérie». Autrement dit, il est prêt à renouer avec le sommet de l’Etat. Mais l’homme, qui a servi durant 20 ans à la Banque mondiale, tient tout de même à rappeler que c’est la «troisième fois» qu’il revient en Algérie. Avec une précision de taille : à chacun  de ses deux anciens retours, il avait occupé des postes importants et durant de longues durées.

Il reste maintenant à savoir si Chakib Khelil sera juste un haut fonctionnaire ou sera-t-il «le successeur» de Bouteflika comme l’a prédit l’avocat Mokrane Aït-Larbi ? Mais là, il y a un bémol : la nouvelle constitution exige que l’épouse d’un candidat à l’élection présidentielle doit être de «nationalité algérienne d’origine». Ce qui n’est pas le cas de Mme Khelil. Même si, sous le régime Bouteflika, tout devient possible dès que le chef le décide.

Essaïd Wakli