Les pharmaciens plaident pour l’introduction d’un nouveau modèle de remboursement des médicaments.  A cet effet, ils appellent, par la voix du président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, Lotifi Benbahmed, à la mise en place d’un nouveau barème résultant d’une vraie politique de rationalisation.

En réalité, ce sont deux arrêtés adoptés le  10 janvier dernier, celui fixant la liste des médicaments remboursables par la sécurité sociale et celui fixant les tarifs de référence servant de base au remboursement des médicaments et les modalités de leur mise en œuvre, publiés le 24 février dernier, qui ont motivé la démarche du conseil national de l’Ordre des pharmaciens qui dénonce l’amenuisement de la marge bénéficiaire des officines pharmaceutiques, classées parmi les moins importantes au monde.

Lors de son intervention sur les ondes de la radio nationale, ce jeudi, M. Benbahmed a expliqué qu’il y avait 138 produits qui ont un nouveau tarif de référence. 87 produits ont gardé leurs anciens tarifs de référence, alors que 51 autres ont bénéficié de nouveaux tarifs de référence. L’intervenant a également signalé que plus de 30 produits ont été déremboursés. Ce qui est déploré par les pharmaciens, c’est une politique de rationalisation des dépenses de la sécurité sociale qui se fait, selon eux, à leurs dépens et qui menace leur activité.

Pour régler cette question, l’invité a plaidé en faveur d’une approche globale. Il a ainsi proposé de rationaliser autant l’investissement dans le secteur de la production de médicaments que l’enregistrement et le remboursement.

L’objectif de l’État de maîtriser les dépenses pour certains produits pharmaceutiques, notamment ceux dits de confort, devrait, selon lui, tendre également à assurer leur qualité, leur traçabilité, et en même temps, les marges de rémunération des différents acteurs du médicament. L’on peut comprendre de ces propos que les pharmaciens revendiquent un rehaussement de leur marge bénéficiaire au risque de les voir cesser leur activité dont la rentabilité est devenue très réduite.

Ainsi 30 à 40% parmi les 9.000 pharmaciens en activité à travers le territoire national sont «en difficulté», avec des conséquences sur la qualité des services. L’intervenant a également indiqué que cette fragilité dans laquelle baigne son secteur est l’un des facteurs qui expliquent  l’expansion du commerce illicite des médicaments.

Massinissa Mansour

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