L’Algérie attend son « Obama » national

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Salah Ziad

Le sens commun s’est déjà approprié le nom du 44ème président américain. Les gens se demandent quand est ce qu’on aura notre « Ohama » (avec la racine home).

L’homme, c’est-à-dire le nouveau locataire de la maison blanche a véritablement séduit les algériens. De par sa jeunesse en premier lieu. Ceux qui ont suivi à travers la télévision la campagne électorale américaine et le jour du scrutin ont relevé sa façon agile de grimper les estrades. « On dirait une gazelle » souligne un quadragénaire rencontré sur une terrasse de café. La comparaison est loin d’être fortuite.

Sur ce chapitre on sort même le cas de Sarkozy qui, pour les intérêts de son pays, parcourt des milliers de km. Donc, nombreux sont ceux avec qui nous nous sommes entretenus émettent le vœu de voir un jeune homme dans la force de l’âge ambitionner accéder à la magistrature suprême en Algérie. Toujours sur ce chapitre de comparaison, on a retenu l’image du nouveau président américain toujours accompagné de son épouse et ses deux filles. « Ceea humanise son image, lui le président de la première puissance mondiale ».

On réalise que nos responsables, dont le tribalisme et le clanisme n’est plus à démontrer, ne se sont jamais affichés en famille. De ce point de vue, Obama, et partant toutes les USA, ont su remettre au goût du jour le « dream » américain, terni par l’administration de Bush et ses scandales tel celui d’Abou Ghrib et Guantanamo.

Au-delà du show, le commun des algériens n’attend rien d’Obama. Parce que les States sont loin. Donc c’est un pays hors de portée des jeunes, démunis et surtout sans capital scolaire notamment linguistique. D’autre part, les algériens, durant la campagne américaine, ont découvert via les télévisions étrangères, le côté cour d’un pays fascinant et repoussant à la fois. Ils sont stupéfaits par la misère régnante dans le pays le plus riche de la planète. Ils n’arrivent pas à croire que des américains se payent des milliers de Km pour pouvoir arracher une dent dans une sorte d’hôpital de campagne. La scène a été rapportée lors d’un reportage diffusée et rediffusée par la chaîne France24. Le chiffre de 40 millions d’américains ne bénéficiant d’aucune couverture médicale a choqué le simple citoyen habitué à se débrouiller pour voir un professeur dans une structure sanitaire relevant du secteur public.

On répète ça et là qu’Obama a du pain sur la planche. Ils se disent qu’il va se consacrer au rétablissement de la situation intérieure de son pays. Le propos renferme une part de projection, surtout chez ceux qui rêvent de l’apparition d’un « Ohama » national. D’autres, plus nuancés et se revendiquant plus politisés, souhaitent que le nouveau homme fort de la première puissance mondiale mettra fin aux désordres laissés par son prédécesseur. Eteindre les foyers de tension dans le monde est déjà une œuvre gigantesque dont toute l’humanité, y compris l’Algérie et le monde arabe, peuvent en tirer profit, soulignent ils.

On attend des gestes forts de la part d’Obama vers les palestiniens et les irakiens en premier lieu. Sur ce chapitre, certains ne cachent pas leur scepticisme. Ils reprochent au premier noir devenu président des USA ses déclarations concernant la sécurité d’Israël. D’ailleurs, certains gardent en tête des détails lors de sa visite au Proche Orient.

Dans la même foulée, on se demande sur persistance de vouloir nier son « islamité ». Pour preuve de cette appartenance à la religion musulmane, on cite les propos de Colin Powell l’ex secrétaire d’Etat américain. Mais cette fantasmagorie est surtout dominante chez les jeunes se réclamant à tort ou à raison de l’islamisme salafiste. Une autre manière de s’inscrire encore une fois en dehors du monde par rapport à un événement politique et médiatique de portée universelle

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