Ils se comptent sur les doigts d’une main, les personnes qui ont choisi de faire « d’agent d’art » leur métier en Algérie. La raison est simple : le marche de l’art est quasi inexistant en Algérie. A l’étranger, on est guère mieux loti. En France par exemple, seuls quelques algériens, particulièrement des femmes, s’intéressent à ce métier. Mamia Bretesché en fait partie.

Avec le temps, elle a réussi à se faire un nom sur la place Parisienne, comme dans toutes les grandes capitales occidentales de l’art. Son succès, elle veut aujourd’hui le mettre au service des artistes algériens. Avec le concours d’une autre fanco-algérienne, Nadia Laporte, et d’autres personnalités algériennes, elle travaille au projet de création de « La fondation algérienne pour la photo et pour l’image », afin de préservé l’image de l’Algérie et promouvoir les photographes. Récemment, à Paris, lors de l’évènement « Place aux artistes », le premier salon international d’Art contemporain en plein air, une exposition itinérante conceptualisée et organisée par Michel Arab et Nadia Laporte, la galerie de Mamia Breteshé a exposé pour la première fois le travail sur l’enfance d’ Adbdlhamid Aouragh, un jeune photographe oranais dont les photos ont séduit le public.

Quelle relation entretient la société algérienne avec l’art, et que peut apporter ce dernier à la culture algérienne ? Réponses d’une spécialiste

1-La question de l’art est absente du débat public en Algérie. Est-ce que c’est dû à la situation quasi-végétative dans laquelle se retrouve la création artistique dans ce pays aujourd’hui?

MB :Comment répondre à une telle question ? Cela nécessite plutôt un large débat

La plupart de nos artistes puisent leur inspiration d’une part de l’héritage de l’art islamique et d’autre part de l’art dit occidental (Picasso, Miro , Kandinsky etc. …) Cela donne une production d’artefacts insipides. Nos artistes ne sont pas encore affranchis. Le public averti à toujours cette impression du « déjà vu » et pour ceux qui n’ont jamais vu une œuvre d’art, l’incompréhension est totale, c’est tout simplement du « n’importe quoi »

L’artiste est un capteur de signes, des changements et de l’évolution d’une société. IL est responsable, Il doit s’interroger et interroger son environnement, son rapport avec les autres, le cadre social dans lequel il vit. Il doit nous interpeller nous faire réfléchir par des œuvres fortes, dérangeantes.

Les médias ont leur part de responsabilité également. J’ai rarement vu dans un quotidien ou un magazine des reproductions d’œuvres d’art, des enquêtes, des reportages. Nos medias offre un monde sans beauté et sans saveur, un monde de faits divers, de coupures d’eau, d’annonces de circoncision, de mariages, d’un nouvel arrivage de voitures étrangères.

Il incombe aux journalistes, aux éditeurs de lever le voile sur ce qui se fait en matière d’art et de création dans un pays.

Enfin en matière d’éducation du regard, il y a encore beaucoup à faire.

Pour l’artiste, il faut avoir tout vu pour éviter la multiplication d’oeuvres imitées, indigestes.

Une éducation artistique commence très tôt. L’école à plus qu’un rôle à jouer, elle a le devoir de « nettoyer les yeux et les oreilles » de nos enfants. Montrer autre chose que ces niaiseries télévisuelles venues du moyen orient et de l’Asie.

2-Vous êtes agent d’art depuis plus de vingt ans en France, un métier peu connu en Algérie. Pourquoi?

MB: C’est un métier passionnant, fait d’abnégation et d’altruisme. En côtoyant les artistes, je suis au cœur de la création, de ce qui bouge, au cœur d’une réflexion globale. Par ce biais j’explore tous les champs de l’art contemporain, les arts plastiques, la photographie, l’art de la vidéo, le multimédia, la performance. C’est une chance immense.

L’agent d’art est le lien indispensable entre l’artiste, le mécène et le collectionneur. Il est le médiateur, il incite à la collection, c’est celui qui fait sortir l’œuvre de l’atelier, et qui permet à celle-ci de continuer à vivre.

3- En 2002 vous créez un collectif d’artistes(1) et vous conviez des artistes algériens à vous rejoindre. Quels ont été vos objectifs du départ et les avez-vous atteints ?

MB :J’ai été attirée par le lien que l’art crée entre les grandes métropoles occidentales. En Europe les frontières explosent, les œuvres et les artistes circulent plus facilement. Ce n’est pas le cas pour les pays du sud, Il est vrai que de temps en temps des expositions traversent les frontières, mais cela reste une expérience limitée, et qui plus est, réservée à des artistes qui ont déjà une notoriété suffisante beaucoup d’entre elles demeurent confidentielles.

A ce titre, l’apparition, puis le développement fulgurant d’Internet, est apparu comme une chance immense de rompre cet isolement qui cantonne l’art algérien contemporain dans des zones limitées.

Nous avons crée « Metropolart ! des artistes et des villes… » Un collectif d’artistes doté d’un site web, et la grande originalité de cette structure est de permettre un fructueux regard croisé Orient/Occident. C’est ainsi que j’ai découvert une passionnante vitalité créatrice chez certains artistes, créativité qui résulte de leur observation mutuelle comme dans un jeu de miroirs où le reflet des créations des uns provoque à son tour un nouveau reflet, nouvelle source d’inspiration pour les autres. Metropolart est un lieu de confrontation et d’émulation pour les artistes du bassin méditerranéen.

4- Vous travaillez actuellement à la création d’une fondation pour la photo d’Algérie. Pouvez-vous nous parler de ce projet ?

MB: Ce projet me tient à cœur ! La fondation algérienne pour la photographie et pour l’image vise à préserver le patrimoine photographique et iconographique de tout ce qui touche l’Algérie.

Les œuvres de photographes auteur ou reporters et les fonds de studios de photographie sont en danger de dispersion ou encore plus grave de destruction.

Cette fondation s’engage à prendre les dispositions nécessaires pour sauvegarder ce patrimoine. Le comité exécutif de cette structure sera composé de photographes professionnels et de personnalités qualifiées dans le domaine artistique et scientifique, il aura pour tâche de répertorier, de collecter, de conserver et de montrer la richesse de l’œuvre photographique algérienne. Nous ferons appel à tous ce qui se sentent concernés par cette mission.

5- Comment est perçu le travail des artistes algériens dans le monde. Leurs œuvres intéressent-elles les collectionneurs d’art ?

MB :En 2008 Kader Attia a fait l’événement à La FIAC une des plus grandes foires d’art contemporain à Paris. Amine Kouider, chef d’orchestre dont la renommée a dépassé les frontières continue ses recherches et son exploration de nouvelles formes musicales, Abdi est considéré comme un des meilleurs designers du moment. De nombreux prix jalonnent son parcours, ses meubles ont inspiré bien des designers européens et méditerranéens.

Ces artistes vivant en France ou à l’étranger même s’ils se disent « artistes « universels, restent profondément attachés à l’Algérie, leurs œuvres en témoignent.

Le plus visionnaire de tous, à mon avis, est Hamid Lafer, artiste et architecte. Il vit et travaille à Timimoune. Il reconstruit les vieilles maisons de Timimoun, invite les artistes à des résidences pour des créations avec les matériaux locaux.

Il crée l’habitat de demain, les œuvres de demain.

D’autres moins connus par le milieu de l’art restent confidentiels et pour l’instant n’intéressent que peu les collectionneurs. En Occident le marché de l’art est détenu à 90 % par deux ou trois grands groupes financiers qui « fabriquent » l’artiste, les grosses maisons de vente et les galeries « poids lourds ».

Pourtant certains font peu à peu leur entrée dans les galeries parisiennes, tels Thlili, Houria Niati, Fethi Megheli, Hamid Aouragh.etc… étonnant vivier! Sans complexe devant une certaine histoire de l’art, il émane d’eux une fraîcheur et une innocence purificatrice

6- un dernier mot ?

MB: Une véritable politique culturelle, un état engagé et mécène, des équipes compétentes. Une exigence esthétique, le sens du détail, des oeuvres abouties. Aucun compromis avec la médiocrité.

Une création artistique existe bel et bien en Algérie, mais le manque de moyens matériels (ateliers, bourses de recherches …) ne permet pas de lever le voile sur ce qui ce fait. Les artistes sont isolés du public local. Ils sont en dehors des circuits de l’art international, foires, galeries, maisons de vente. De telles structures sont inexistantes en Algérie.

Comme je l’ai dit plus haut au risque de me répéter, il faudrait initier très tôt la société à la présence de l’art dans la vie quotidienne, les écoles, les centres d’art

Il faudrait également créer au niveau universitaire des cursus d’histoire de l’art, d’art plastiques, de nouveaux médias, de photographies. Doter les universités d’espaces d’expositions,

Encourager la recherche à l’université (laboratoires, expériences artistiques, colloques, conférences, inviter les artistes du monde à partager les idées et les expériences…)

Multiplier des lieux d’expositions, galeries, musées, ateliers et centres d’art.

Encourager l’édition de livres d’art, de magazines…Stimuler la collection en motivant les entreprises à une collaboration avec les artistes, en exposant des oeuvres dans leurs locaux et bureaux.

Toutes les instances devraient encourager la création artistique à travers l’acquisition d’œuvres par l’achat ou par le don d’œuvres d’art

Réseau associatif à constituer et à encourager. Parmi ces jeunes « hittistes »( les chômeurs) et autres, il y a du talent, de l’énergie. Par conséquent, il faut leur donner la possibilité de l’affirmer, de l’exprimer autrement, de participer à la vie de la société.

Permettre aux artistes les plus prometteurs de travailler dans des conditions décentes : Créations d’ateliers d’artistes à l’instar des « villages ateliers à casablancais »

La création d’une foire d’art contemporain.

Rayonner par l’art est un signe de bonne santé pour une société.

Interview réalisé à Paris par Fayçal Anseur

(1) www.metropolart.com

Comments

tmoutioti |76.65.81.xxx |2008-11-03 16:00:48

L’art, c’est la plus sublime mission de l’homme, puisque c’est l’exercice de la
pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre.
[Auguste
Rodin]

avant tout je tien a vous félicite pour votre première
je volais donner
mon avis sur ce sujet qui me tien a cœur ,
moi je trouve que on peut pas êtres
artiste et avoir des limite !!!!
expl: l art du nu ,sculpture ,ect
je pense c
est l élément clé qui empêche que l art en Algérie va pas voire le bout du
tunnel
on peut pas changer nos principe et tout une masse de mentalité qui
focalise sur leur principe ect aller faire un tour au bx art qu elle de cours
ils prennent es ce que détailler ou pas ?et si ma mémoire elle
es toujours bonne il voulais même enlever la statu qui était dans la cour