La réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qui va certainement déboucher sur une nouvelle réduction des quotas officiels de production actuellement fixés à 27,3 millions de barils par jour, la pression monte.

Il aura fallu d’ailleurs une simple déclaration du secrétaire général de l’Opep pour que le prix du baril redresse la tête de deux crans. Aussi, bon nombre d’observateurs s’interrogent d’une part, sur l’ampleur de cette baisse annoncée (2 millions de barils par jour ou moins ?). Et de l’autre, les pays producteurs non membres de l’Opep suivront-ils cette initiative ?

Le secrétaire général de l’Opep, Abdullah al-Badri, l’a bien affirmé : « il existe un excédent de 100 millions de barils. Nous devons agir avec une coupe de grande envergure ». Il a toutefois, souligné qu’il n’y avait pas eut de demande officielle en direction des pays non Opep pour un éventuel soutien des décisions qui vont êtres prises. Du côté russe rien n’est moins sur, alors que le géant Lukoil, donne un signe positif laissant entendre qu’il pourrait y avoir baisse de 200 à 300 milles barils jours mais subordonnera cependant cette question qui reste non tranchée au feu vert du Kremlin, l’autre colosse (gazprom), a estimé que le mécanisme d’ajustement de la production de l’Opep n’était « pas directement applicable » à son pays.

La Russie avec ses 10 millions de barils jours produits, tente de déployer une autre stratégie énergétique. L’intérêt d’abords. Avec la précipitation des évènements sur les places financières, la Russie a différé une bonne partie de ses projets internationaux en raison notamment de la chute vertigineuse des cours du pétrole. Chose qui a poussé des analystes à dire qu’il était peu probable qu’il y ait réduction de la part de la Russie. Du côté de la Norvège tout laisse à penser que cette dernière ne baissera pas sa production, c’est que le tempérament pour le moins froids des nordiques reste à ce titre légendaire. L’Arabie saoudite quant à elle, voyant d’un mauvais œil l’approche tactique de la Russie n’a pas attendu la réunion d’Oran pour exécuter la baisse de sa production. Trop d’intérêts sont en jeu sans parler de sa crédibilité et de son image qui en seront plus qu’affectées.

La réunion de l’OPEP qui se tient à Oran, est déjà qualifiée d’historique, dans le sens où elle verra d’abord la participation de quatre pays producteurs non membres du cartel dont, certains pourraient en la circonstance annoncer leur adhésion à celui-ci. Et en suite, de faire comprendre aux pays consommateurs que les producteurs n’ont pas l’obligation qu’ils veulent leurs imposer de brader leur pétrole pour les soulager en ce contexte de crise économique. Mais qu’ils ont par contre celle d’obliger les consommateurs à s’entendre avec eux sur un prix du baril équilibré qui satisfasse les deux parties dans un partenariat de « gagnant-gagnant ».

Mahi Rachid

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