Microsoft lance sur les médias une opération de sensibilisation en direction des consommateurs algériens quant aux dangers des logiciels contrefaits.

En effet, selon le dernier rapport de la Business Software Alliance (BSA), le taux de piratage des logiciels atteint les 84 % en Algérie, soit plus de huit logiciels sur dix se trouvent aujourd’hui dans une situation illicite. En quoi cela impacte-il l’environnement économique en général ? La réduction du piratage de logiciels profite à l’emploi, à la production économique, aux recettes fiscales du pays et au secteur informatique en général. Freiner le piratage de logiciels apporte des bénéfices tangibles pour les pouvoirs publics et à l’économie nationale ainsi qu’à l’industrie locale du logiciel, générant des opportunités d’emploi meilleures et plus nombreuses, un climat des affaires renforcé et sécurisé, ainsi qu’une contribution accrue du secteur des TIC dans la création de la richesse nationale.

Ainsi Microsoft relance de nouveau le débat autour de cette délicate question. Si il revient à la charge, c’est plus pour réduire le taux de piratage dans les entreprises que pour traquer les particuliers. Le marché du PC croît de plus de 15 % par an en Algérie. Les particuliers représentent le tiers des acheteurs avec 25 % du parc informatique, selon le bureau de Microsoft Algérie. Si certains acteurs concernés, dont les revendeurs de logiciels, mesurent en partie les enjeux liés à la vente de logiciels piratés, la prise de conscience des PME, PMI et professions libérales est beaucoup plus lente.

Dans la plupart des cas, ces dernières n’emploient pas en effet de DSI ou de personnel spécialisé en informatique. Peu informées sur le piratage et les conditions de conformité de logiciels, elles sont les premières à être exposées à l’achat et à l’installation de logiciels piratés. Nombre d’entre elles en utilisent d’ailleurs, souvent sans le savoir. C’est pourtant bien au sein de l’entreprise elle-même que l’on constate les menaces les plus tangibles et immédiates de la contrefaçon : exposition à des risques de sécurité (intrusion de virus, perte de données stratégiques), mises à jour et intégralité des applications impossibles sans mise en conformité et diminution de la productivité et accroissement des coûts (bugs).

Des actions de sensibilisation et de vulgarisation ont déjà été menées sous le thème « la protection des programmes d’ordinateurs » et organisée conjointement par l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (Onda) et le BSA. Le but reste de combattre le piratage au sein de la société, que ce soit par les particuliers, les entreprises ou les administrations publiques.

Par Kamel Benelkadi
http://www.elwatan.com
18 02 2009