Il est intéressant d’observer le mouvement social d’un pays primitif lorsqu’il est à l’aube de désigner son chef de tribu. Cet acte basique donnera une essence scientifique à votre frustration, ce qui vous aidera sûrement à la refouler au plus profond de votre psyché décousue.

Comment faut-il procéder ? C’est très simple : fragmentez la société en de petits groupes d’intérêts -des parasites-, observez leurs mouvements en cette période préélectorale et faites un lien avec les absurdités actuelles du pouvoir. Résultat garanti.

Remarque : cette méthode pratique n’est pas enseignée dans nos écoles politiques, alors gardez bien le secret SVP.

Premier tissu observé, celui des parlementaires. Anatomiquement, cette catégorie est censée être la jonction entre le peuple et l’Etat, l’Etat et le peuple.
Après métastase, elle se réduit à n’être qu’une simple procédure démocratique, totalement inutile. Puis, elle se transforme en une bizarrerie de la nature, lorsque son inutilité devient extrêmement pathogène, comme un appendice par exemple.

Enfin, au sommet de son évolution, cette frange, capitale pour la survie d’une espèce, devient rentière, quand elle perçoit, au bout de son espace-temps, un chèque de trente millions par mois.

Vulgairement, c’est pour toutes ces raisons que vous ne verrez jamais un parlementaire prendre la défense de ses électeurs, lorsque leurs intérêts s’opposent à ceux de sa cellule mère.

Deuxième tranche étudiée, les étudiants, ou plutôt leurs représentants proclamés. Dans leur milieu naturel, les organisations estudiantines ont des apparitions cycliques, en fonction du soleil et du gain à glaner.
Un point commun les réunit, néanmoins, c’est leur rivalité, à la fois idéologique, personnelle et, par défaut, pécuniaire.

Là aussi, l’attroupement n’est jamais justifié par la cause publique ni par l’intérêt général. Fidèle à la tradition nationale qui veut que toute alliance soit, par définition, hasardeuse, ces relais cherchent tous à faire entendre qu’ils sont bien consentants au consensus.
C’est ainsi qu’ils vous créeront ce qu’ils n’ont jamais pu faire à cause des intoxications des restos U, une super ligue d’étudiants, où tout le monde est d’accord avec l’accord. Du moins jusqu’au 9 avril.

Cet esprit, maladivement fondateur, vous le retrouverez un peu partout : écoles, mosquées, société civile, ministère, médias (y compris moi), administrations, partis politiques, patronats, syndicats, zaouïas et j’en passe.

Que faire-alors pour s’extraire de cet environnement pollué ?

Et bien, il n’y a rien à faire. Dans ce pays, il y a ceux qui servent et ceux qui s’en servent.

Le reste sera inéluctablement catalogué comme servant «la main étrangère». Alors un conseil : soyez d’accord jusqu’au 9 avril ! Après, en mai, faites ce qu’il vous plait.

N.B.