«L’Algérie a le devoir d’ouvrir ses portes aux cadres algériens établis à l’étranger pour qu’ils viennent et s’impliquent dans le développement du pays dans les différents domaines». C’est en ces termes que Djamel Ould Abbés avait tenté de séduire la diaspora algérienne, lors de sa visite à Paris en mars dernier. Le ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger, après avoir créé un département au sein de son ministère réservé aux Algériens vivant à l’étranger, a multiplié les actions et les discours charmeurs en vue de récupérer (dans tous les sens), cette frange de la société.

A l’issue de sa rencontre avec les membres du Réseau des étudiants algériens diplômés des grandes écoles françaises (REAGE), Ould Abbés avait déclaré: «J’ai eu plusieurs contacts avec des cadres algériens à l’étranger, notamment ceux de France, où la diaspora algérienne est la plus importante, ainsi que ceux du Canada, de Bahreïn, et des Emirats arabes unis (EAU)», afin de les inciter à venir travailler dans leur pays d’origine. «J’ai été à leur écoute et à l’écoute de tous leurs problèmes. Je leur ai fait part de la volonté et de la disposition de l’Etat, sur instructions du président de la République, à leur faciliter et leur fournir les moyens nécessaires pour contribuer, avec leurs qualifications, au développement de l’Algérie».

L’Etat a donc, enfin, pris conscience de l’importance que peut jouer notre diaspora dans le développement du pays. Et depuis quelques temps, il n’a cessé de multiplier les rencontres et messages pour la convaincre de revenir ou du moins assister l’Algérie dans son processus de mutation.

De son coté, le REAGE avait émis sa volonté de répondre présent à l’appel de l’Etat algérien. «REAGE veut mettre ses cadres au service de l’économie algérienne», avait affirmé son président Fateh Ouazzani. Ce dernier avait, cependant, appelé le gouvernement à faciliter les procédures administratives de leur travail en Algérie, en veillant à ce qu’il y ait «moins de lourdeurs bureaucratiques».

Ultérieurement, en février, le même Ould Abbés avait annoncé à la communauté algérienne établie à l’étranger l’installation prochaine d’un Conseil consultatif. Cette instance devra être, selon le ministre, une «passerelle entre la mère patrie et la communauté algérienne à l’étranger». Ce conseil sera créé par décret présidentiel.

«Impliquez-vous, moi je défends la préférence nationale», «je serai votre avocat», martela Ould Abbés à l’intention des hommes d’affaires algériens vivant à l’étranger. «Je souhaite que nos compatriotes s’impliquent en toute liberté. Vos propositions, vos réflexions seront une source d’inspiration, à nous de vous écouter », dira, dans ce même ordre d’idée, le consul général de Paris, Abderrahmane Meziane Cherif. «Je ne suis pas venu pour un quelconque embrigadement en vue des prochaines élections présidentielles», s’était empressé de rassurer Djamel Ould Abbés, lui qui sait très bien que la communauté algérienne à l’étranger n’est pas dupe, et que tant d’intérêt soudain n’était pas fortuit à la veille de rendez-vous électoraux.

Voulant confirmer sa bonne volonté, Ould Abbés lancera par la suite deux gestes (symboliques) envers les Algériens « d’ailleurs« . La communauté algérienne basée à l’étranger avait bénéficié d’une double mesure de réduction des prix de la billetterie applicable sur le transport aérien et maritime auprès de l’entreprise Air Algérie et celle de l’ENTMV.

Hicham N.