Immigration en Algérie. La drôle de déclaration de la gendarmerie nationale

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Selon la gendarmerie nationale (lire l’article ci-dessous), l’Algérie est devenue une terre d’immigration (sic!). Étrange dans un pays où il ne passe pas un jour sans que l’on apprenne le drame de la disparition, en mer, d’algériens qui tentent de fuir le pays et rallier l’Europe à bord d’embarcations douteuses !

Toujours selon la gendarmerie, l’Algérie est devenue un pays prospère, qui du coup attire de plus en plus d’immigrés venus chercher du travail chez nous. Il ne s’agit plus désormais des seuls migrants subsahariens, mais de nouveaux candidats, asiatiques cette fois, qui sont séduits par notre riche pays. Reste cette question, qui s’impose d’elle même : si l’Algérie est devenue à ce point un pays de « fixation » pour ces gens venus d’ailleurs, pourquoi donc elle n’arrive pas à retenir ses propres enfants ?

Cherchez l’erreur !
F A

Immigration, la gendarmerie tire la sonnette d’alarme.

Les migrants subsahariens sont devenus «une réelle menace» pour la sécurité et la santé publique, a affirmé le chef du département de la Police judiciaire du commandement de la Gendarmerie nationale, le colonel Abdessalem Zeghida, lors de la journée parlementaire, organisée hier, sous le thème «La protection de l’économie nationale: lutte contre les diverses formes de crime organisé transfrontalier».

D’après l’officier de la Gendarmerie nationale, l’Algérie est devenue désormais un pays de fixation pour 70% de migrants irréguliers. «L’Algérie était auparavant le pays de transit par excellence pour les immigrants irréguliers désirant se rendre en Europe, mais elle est devenue désormais un pays de fixation», a-t-il précisé. Désormais, «ces migrants irréguliers, essentiellement issus de pays du Sahel, s’installent en Algérie et y prospèrent en y commettant des crimes graves, à l’instar du trafic de drogue, fausse monnaie, et faux document», ajoute le colonel Abdessalem Zeghida.

Dans son énoncé, intitulé «le contrôle du flux migratoire aux frontières », le colonel Zeghida a indiqué que «la Gendarmerie nationale a recensé 900 migrants illégaux interpellés en 1996 contre 8.000 en 2008», avant de relever que les facteurs essentiels qui ont favorisé la fixation de ces migrants irréguliers sont la fermeture des frontières des pays européens ainsi que la mutation socio-économique de l’Algérie offrant des débouchés en matière d’emploi et de main d’œuvre à ces migrants. Selon l’intervenant, la crise économique mondiale qui a généré une crise dans l’emploi en Europe, a également contribué à l’installation de ces migrants en Algérie. «L’Algérie est devenue une destination pas seulement pour les Africains et subsahariens mais aussi pour les Asiatiques, à l’instar des Afghans, Pakistanais et Chinois», souligne-t-il.

La stratégie de lutte algérienne

Quant à la prise en charge de ce phénomène migratoire, il est pris en charge par les services de sécurité nationale, à travers la coopération et la coordination entre les unités de l’Armée nationale populaire, la DGSN et la direction générale des Douanes pour la surveillance des zones désertiques afin de lutter contre la criminalité transfrontalière, note le conférencier. Sur cette optique, l’Algérie a procédé à l’enregistrement des empreintes de chaque migrant irrégulier interpellé, dans des bases de données pour éviter la récidive et un fichier national est souvent mis à jour.

Plus de 80% des harraga sont sans profession

Sur le problème des harraga, le colonel Zeghida a indiqué que 53% des harraga ont moins de 26 ans et que plus de 80% sont sans profession. Il a aussi relevé toute l’importance d’une stratégie nationale pour la prise en charge de la jeunesse. In fine, le colonel Abdessalem Zeghida a réfuté l’existence de réseaux structurés ou organisés pour favoriser leur traversée vers l’Europe. «Les harraga cotisent pour l’achat d’embarcations et localisent les points de débarquement par Internet pour finir généralement à Gabo de Gata (côtes espagnoles) ou Cap rosa (Italie)», a-t-il déclaré à ce sujet.

Benachour Med
Le Financier