grippe Le directeur général de la santé prévient que les vaccins n’arriveront que « progressivement » et « donc il y aura des gens à vacciner avant d’autres ». Ils coûteront entre 600 et 800 millions d’euros, selon la Cnam.

Le directeur général de la santé, Didier Houssin, a prévenu lundi 13 juillet que le vaccin contre la nouvelle grippe A/H1N1 « n’arrivera que progressivement et donc il y aura des gens à vacciner avant d’autres« .
« Il y aura sûrement des choix à faire parce que le vaccin n’arrivera que progressivement. Donc il y aura des gens à vacciner avant d’autres. Ce sera une décision politique importante qui ne sera probablement pas prise avant septembre quand on en saura plus sur l’épidémie et les vaccins, leur efficacité, leur inconvénients« , a expliqué Didier Houssin au micro d’Europe 1.

« Le virus a sa propre stratégie »

Il a également mis en garde contre un pic de l’épidémie en « octobre-novembre-décembre« . Concédant « qu’à vrai dire on ne sait pas, car le virus a sa propre stratégie« .

Le directeur général de la santé a expliqué le processus de surveillance : « En septembre, il y aura des décisions très importantes qui seront prises sur ce qu’on attend des vaccins en terme d’efficacité et d’inconvénients, sur qui vacciner en premier et quand lancer la campagne de vaccination« . Ces décisions seront « prises par le gouvernement« , a-t-il ajouté.
« Il faudra prendre à un moment donné ces décisions et expliquer les choses s’il y a un ordre de priorité, que chacun en comprenne les raisons« .

Le vaccin disponible « à partir de septembre-octobre »

Didier Houssin a appelé au pragmatisme : « Il faut aussi que les gens comprennent que le vaccin n’est pas un produit miracle, qu’il peut ne pas être efficace à 100% qu’il peut avoir des inconvénients. »
Avant de rassurer : « Mais tous seront soignés, on a des médicaments pour tout le monde et il y aura aussi des vaccins pour tous. »
Et les priorités sont déjà établies : « Aujourd’hui je crois qu’il faudra vacciner certainement en premier les plus vulnérables et sans doute ceux qui sont au contact direct des malades, les personnels de santé. »
Enfin, si la date de disponibilité des vaccins reste d’une « grande incertitude« , le vaccin « sera disponible à la sortie des usines probablement à partir de septembre-octobre, mais il y aura ensuite tout un processus de qualification » et « une autorisation de mise sur le marché« .

Coût des vaccins, entre 600 et 800 millions d’euros

L’achat de vaccins contre la grippe A à plusieurs laboratoires pharmaceutiques devrait coûter entre 600 et 800 millions d’euros. Voilà les estimations de la direction de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), qui a présenté jeudi 9 juillet un rapport devant son conseil.
Ce rapport sur « les charges et produits » de l’assurance maladie, qui contient l’ensemble des propositions de la direction de la Cnam pour l’année 2010, évoque notamment « le coût des mesures de prévention contre la grippe A« .
« L’achat de plus de 90 millions de vaccins à l’industrie pharmaceutique, notamment, devrait coûter entre 600 et 800 millions d’euros à l’EPRUS (Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, ndlr) qui est financé à 50% par l’assurance maladie« , est-il précisé.
« Une provision de 400 millions d’euros concernant la participation de l’assurance maladie à l’achat par l’EPRUS de vaccins contre la grippe A« , a ainsi été prévue.

Des négociations toujours en cours, affirme Bachelot

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a affirmé jeudi que les négociations avec plusieurs laboratoires étaient « toujours en cours pour l’acquisition de vaccins » contre la grippe A/H1N1.
Cette déclaration visait à contredire Le Parisien/Aujourd’hui en France, qui affirme dans son édition de jeudi que les négociations sont abouties. Selon le quotidien, Matignon a confirmé que la France allait débloquer 700 millions d’euros, tirés des caisses de l’Etat et des caisses de la Sécurité sociale, pour acheter 100 millions de doses de vaccins auprès de quatre laboratoires pharmaceutiques : Sanofi, GSK, Novartis et Baxter.
« Ces négociations, menées sur la base d’un mandat défini par le Premier ministre, ne sont pas totalement achevées« , indique pour sa part le communiqué du ministère, rappelant qu’il s’agit d’acquérir des doses de vaccins « en quantité suffisante » pour protéger « l’ensemble de nos concitoyens » de l’épidémie.

434 cas confirmés en France

Les résultats de ces tractations seront communiqués après la réunion de la cellule interministérielle de crise, précise la ministre.
Cette réunion doit avoir lieu mercredi 15 juillet, selon le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux.
Le mois dernier, le directeur général de la Santé Didier Houssin avait indiqué que la France voulait être capable de pouvoir proposer la vaccination contre le nouveau virus à l’ensemble de la population, à raison éventuellement de deux doses par vaccination.
Selon le dernier bilan de l’Institut de veille sanitaire, la France compte 434 cas de grippe A/H1N1 confirmés depuis le début de l’épidémie, dont 383 en France métropolitaine.

(Nouvelobs.com)

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