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« Je suis né dans les année 50. L’exemple le plus édifiant est celui d’un endroit prés de la place des martyrs à Alger, pas loin de la plage de ketani. Etant plus jeune, nous allions pécher et nous détendre là-bas. Nous habitions le quartier et apprécions beaucoup le coin. De retour quelques années plus tard, après une petite expérience à l’étranger, j’ai été très étonné de trouver cet endroit fermé au public. Paradoxalement, durant les années où je fréquentais les lieux librement, nous étions encore colonisés…. » L.D enfant de Beb El Oued

Hamid, comptable:

« Je vais vous raconter une anecdote. Dans un bus bondé (pour pas changer), un receveur fait des va et vient incessants bousculant tout le monde et secouant sa monnaie comme pour rappeler aux passagers qu’ils devaient payer leurs dus.
Un monsieur d’un certain âge, vraisemblablement agacé, l’apostrophe « jeune homme, pourquoi fais tu autant de bruit avec ta monnaie. C’est limite indécent. Imagine si j’en faisais de même dans la rue, ça paraitrait bizarre, non?
Le jeune receveur avec un flegme aussi irritant que le bruit qu’il engendre trouve la parade et lui répond ainsi « ça permet aux gens de savoir où est le receveur, et puis j’ai rien inventé, c’est comme ça qu’on m’a appris » et il s’en va faire un énième va et vien au milieu de la masse de voyageurs.
Le vieux monsieur reste pensif pendant un petit moment, le temps pour le jeune receveur de revenir à son niveau, et au monsieur de répliquer énervé « expliques moi d’où viennent vos idées, que j’aille changer ça à la source »….pour moi c’est assez pour me faire une idée de l’Algérie d’aujourd’hui
. »

Lotfi, traducteur:

« Nous pensions que nous vivions mal, et c’est vrai en quelques sens. Nous n’avions pas le confort qui existe aujourd’hui ni ces moyens là. La différence c’est que nous étions heureux. Ça parait impensable aujourd’hui, mais je me rappelle, jadis selon les régions, il y avait des choses que nous n’achetions même pas. Dans ma régions, par exemple, personne n’achetait de raisin, il nous était offert. C’était le bon vieux temps. Aujourd’hui il n’ y a pas photo, nous avons évolués dans tout, ou presque tout, car les mentalités ont régressé. Tout est question d’argent. Et ça fausse tout le reste. »

Larbi, médecin à la retraite:

« Je me rappelle de la période où on ne trouvait pas une aiguille. C’était les années 80. Pénurie de tout et chaine partout. Nous vivions comme si nous étions en guerre. Moi je suis médecin, et je me rappellerai toujours de ces moments difficiles où il y avait un manque de médicaments et de matériel médical. Nous avons échappé de peu à ce qui se passe dans les pays les plus pauvres où il faut se présenter à l’hôpital avec son propre fil chirurgical. J’espère de tout cœur que cette période est révolue. Les priorités ont changé et heureusement. Reste que notre statut et place dans la société ne sont plus ce qu’ils étaient. L’incivisme est devenu un sport national. Il gangrène l’université. Le niveau se dégrade à cause de cela. Ajoutez à ça, le laxisme et le laisser aller. Et le pire c’est que nous nous complaisons dans cette situation. »

Mourad, ancien footballeur:

« Mouiller le maillot par passion. C’était notre seule motivation. L’argent n’était qu’un extra. On était épanouie grâce au sport. Lisez les articles sportifs des année 60 et 70, et comparez les aux articles récents. Ça ne parle plus que des fléaux de nos jours. On croirait que le football lui-même est devenu un fléau. J’ai même entendu des voix s’élever pour arrêter le championnat quelques temps, comme ça aurait été le cas en Libye. En mesurez vous la gravité?
Je vous défie d’aller regarder un match de football sans encombres, en toute quiétude. La violence dans les stades, la violence à l’intérieur du terrain ne sont que des conséquences. On évolue de la mauvaise manière, dès le plus jeune âge. Pour preuve, j’ai côtoyé de jeunes joueurs y a pas si longtemps, quelle fut ma stupeur quand je me suis rendu compte qu’ils ne maitrisaient même pas les règles élémentaires, ni les lois du football; c’est normal qu’ils les contestent. Comment peut-on participer à un jeu dont on ne maitrise même pas les règles. Le manque de moyens n’est qu’un prétexte. L’histoire l’a prouvé et à plusieurs reprises ».

Kh_louna

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