DZ Internet ou le journalisme citoyen

0
203

une-reseaux Jusqu’à tout récemment, le débat public en Algérie était cantonné aux lieux populaires, généralement aux cafés. Pourquoi ? Parce que les médias lourds -radios, télés- qui sont censés porter la voix du peuple sont la propriété du pouvoir, lequel filtre méthodiquement les discours pour n’en retenir que ceux qui ne le nuisent pas. Un pouvoir qui, faut-il le rappeler, recourt sans gêne aucune à la censure, dans un pays où la démocratie n’est qu’une illusion de plus, une coquille vide accrochée au fronton de la « République ».

Devant cette situation, la presse privée tente de proposer une alternative et de jouer ainsi son rôle de catalyseur des revendications du peuple. Mais vite elle prend conscience qu’il existe une ligne jaune à ne pas franchir, et au-delà de laquelle son existence même se retrouverait menacée.

Mais comme la nature à horreur du vide, Internet est arrivé. Du coup, la toile est devenue ce perchoir relativement libre, offert aux « oubliés » de l’Unique (ENTV) et de ses autres pendants de propagandes d’État.

A retenir !

Il suffit d’un caméscope ou d’un téléphone portable pour créer l’évènement et échapper aux ciseaux de la censure.

En effet, que ce soit sur Youtube (lire notre article), plateforme pour vidéobloggeurs, Dailymotion, Facebook ou autres blogs classiques, les algériens ont pris leur aise dans ces réseaux sociaux pour exercer ce droit de liberté d’expression qu’on leur refuse en Algérie. Via ce canal virtuel, les algériens sont devenus, à l’instar d’autres utilisateurs dans le monde, des citoyens journalistes, parfois sans même qu’ils s’en rendent compte.

Aujourd’hui il suffit d’un caméscope ou d’un téléphone portable pour créer l’évènement et échapper aux ciseaux de la censure.

Internet a révolutionné les médias classiques dans le monde. Qui de nos jours parmi les journalistes du monde occidental, ne tient pas un blog pour servir à ses lecteurs des petites infos croustillantes, des offs, des avant goûts et des analyses que l’on ne trouvent pas forcément en regardant la télévision ou en lisant la presse ?

Les journalistes algériens accusent en revanche un retard certain dans ce domaine par rapport à leur confrères d’outre-mer. Eux plus que d’autres devraient se mettre à la page, car Internet leur offre une tribune ouverte sur le monde pour tenir informer les lecteurs.

Certains de nos journalistes, curieux, s’adaptent à ce mouvement « in » amorcé par des algériens locaux et de la diaspora, en créant des comptes sur des plate-formes comme Facebook par exemple où toute une communauté DZ existe et échange.

Ironie du sort, au lieu de créer le mouvement, nos faiseurs d’opinion suivent le mouvement crée par ceux auxquels ils s’adressent, les lecteurs. C’est le cas de le dire : c’est bien là l’histoire de l’élève qui dépasse le maître. C’est cela aussi la magie d’Internet.

Fayçal Anseur