« Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu’il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu’il n’ait pas le temps pour la rébellion. »
Aristote (384-322 A. J.-C.), extrait de Aristote sur la Politique – traduction de J. Sinclair, publié en 1962

La société civile est plongée dans une lassitude qui se lit sur le comportement de l´homme anonyme dans la rue, et cette effervescence sociale rapportée par les médias, ponctuée par des routes barrées, nouvelle forme de protesta, et des grèves annoncées ou en cours, illustration du décalage existant entre les différents composants de l’Algérie d´aujourd’hui´hui. L´unique, l’ENTV, selon son rituel, avec la même monotonie, fait part des nouvelles auxquelles il est rarement prêté attention par le simple citoyen par dépit, excepté lors d’un match de football, comme pour la rencontre Algérie-Égypte.

Le « nif », (la fierté) mobilise alors l´algérien où qu’il se trouve ! Il oublie comme par enchantement ses déboires, sa misère et, dans un élan de nationalisme renouvelé, se dit disposer à tout pour en découdre avec l´auteur de la `hogra´. La société algérienne se ressoude pour face à son ennemi du moment. L´opium des peuples continue à sévir. Autrefois, un programme de pénuries bien établi, occupait le commun des gens. C’était alors la technique qui convenait à l’époque pour occuper.

Ailleurs, dans le pays qui se veut le leader du monde, les USA , il est enregistré la faillite de la 124 énième banque, un taux de chômage de plus de 10% jamais atteint depuis 26 ans, avec l´arrivée de 190 000 chômeurs de plus rien que pour le mois d´octobre 2009, malgré une augmentation de 4,7% sur les ventes d´armes à l´étranger ,soit un volume de 38,1 milliards de dollars pour l’année en cours (1). L´américain est informé, chiffres à l’appui de ce qui se passe dans son pays. Il est adulte !

Par contre, l´information insipide distillée dans notre pays, et dans le tiers monde, laisse perplexe, détourne l’attention de la population. Slogans creux, inaugurations inutiles, effacent toute crédibilité aux dirigeants, souvent honnis pour l’indécence de leurs avantages par rapport au reste de la population.

L’écart social, de manière aussi flagrante dans le tiers monde, et dont nous faisons partie, est inacceptable voire dangereux. A la tête de ces régiments trônent des potentats des décennies durant. Seule une mort salutaire met fin à leur gouvernance! Avec son hypocrisie habituelle, l´occident regarde perdurer au pouvoir ces leaders.

A titre d’exemple, citons :

Hosni Moubarak en Égypte. Président depuis 14 octobre 1981, soit 28 ans au pouvoir ; son fils Gamal se prépare à prendre sa relève ;

Maamar Guedafi, Lybie, président depuis 29 aout 1969, soit 40 ans au pouvoir, le record ; lui aussi, son fils Seif El Islam est en attente pour lui succéder ;

Zine Elabiddine Benali, Tunisie, président depuis 7 novembre 1987, soit 22 ans, le voilà parti pour un nouvel mandat ;

Omar Bachir, Soudan, président après un coup d´état en 1989, soit 20 ans au pouvoir ;

Hafez El Assad, Syrie de1971 à 2000, puis remplacé à son décès par son fils Bechar El Assad à ce jour ;

Omar Bongo, président du Gabon du 2 décembre 1967 au 8 juin 2009, puis remplacé par son fils Ali après sa mort.

Le bilan de ces nouvelles dynasties est affligeant. Malgré des décennies au pouvoir, ces potentats n´ont rien apporté à leurs peuples. Leur bilan signifie : paupérisation, maladies, corruption..! Transparency International classe notre au côté de l’Égypte, ironie du sort du moment, à la position 111 sur 126, quant au degré de corruption. (2).

L´héritage politique laisse le monde dit démocratique sans réagir au nom d´intérêts purement mercantiles. Parfois, il apporte une complicité active pour l´installation et le soutien de ces régiments totalitaires dans le cadre d´une géostratégie qui sacrifie des entités entières à sa vision égoïste. Finalement il n´y n’a que ses repères matériels et politiques bien compris qui gèrent son comportement.

Les exigences timides de l´occident pour une démocratisation de façade, devant son opinion publique, ne bousculent pas la pérennité des pouvoirs serviles en place de crainte d’une remise en cause de ses avantages. Le changement n´est pas pour demain. Cette attitude dans l´approche du problème du pouvoir se conjugue à tous les temps chez les occidentaux.

En fonction de la conjoncture, un régiment est courtisé, ignoré ou harcelé. Nous avons vécu l´isolement de la Libye par exemple, avant que son président ne devienne fréquentable, même hôte à plusieurs reprises des démocraties européennes. La fin justifie les moyens. Un flacon de parfum de marque ne coûte-t-il pas aussi cher qu’un baril de pétrole, si ce n´est plus ? On aura ainsi tout compris !

L´héritage politique se manifeste autrement en occident. Bush père et fils ont gardé le pouvoir aux USA pendant 12 ans, soit de 1989 à 1993 pour Bush père, et de 2001à 2009 pour Bush fils ; Tony Blair a été premier ministre de la Grande Bretagne de 1997 à 2007 ; François Mitterrand, de 1981 à 1991, soit 14 ans à la tête de la France. Nicholas Sarkozy élu en 2007, grâce au vote électronique.

Certaines mauvaises langues affirment, qu’il serait aisé de manipuler ces machines à voter. Cela aurait été possible, d’après un spécialiste français en informatique grâce au concours des américains. Cela expliquerait le rapprochement intervenu après l’accession de Sarkozy au pouvoir avec les USA.

Depuis, il prépare son fils Jean Sarkozy à la vie politique, et son éventuelle succession. « Je veux être le président de la France des droits de l’homme. […] Je ne veux être le complice d’aucune dictature à travers le monde. » déclarait Nicolas Sarkozy, lors du meeting de l’UMP, à Paris, le 14 janvier 2007. (3)

L´héritage politique reste dans la nature des hommes, à l´exception qu’en occident les barrières législatives sont plus efficaces grâce à la vigilance de la société civile.

A.Bensaid, un lecteur de Algérie-Focus

(1, 2 ): Journal économique Aljazeera.net

(3 ):Extrait du livre Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée, Samuel Foutoyet, éditions :

La compagnie d’Omar Bongo est certainement très instructive, tant le dirigeant gabonais connaît bien les coulisses de la vie politique française. Au pouvoir depuis 1967, il a connu tous les présidents de la Ve République. Son investiture fût organisée par la France. Le 17 août 1960, le général de Gaulle déclare l’indépendance du Gabon et place à sa tête Léon M’Ba, proche de l’administration coloniale. À la mort de M’Ba en 1967, Jacques Foccart choisit de le remplacer par son directeur de cabinet, membre des services secrets français : Albert-Bernard Bongo, rebaptisé Omar Bongo lorsqu’il se convertit à l’Islam en 1973. Jeune trentenaire, ce dernier fonde le Parti Démocratique Gabonais, parti unique qui régnera sans partage pendant 25 ans. En 1990, le multipartisme est instauré, mais Omar Bongo remporte invariablement toutes les élections, notoirement connues pour leur trucage [5] . L’opposition politique est encadrée par un système policier sophistiqué, utilisant intimidations, assassinats et corruption [6].

Le Gabon et la Françafrique