Un petit massacre entre "amis"

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trUn petit rappel de circonstance pour montrer comment le gouvernement égyptien, à sa tête Hosni Moubarak, est rompu à l’exercice de la
traitrise.

Israël entre dans sa deuxième semaine de bombardements tous azimuts sur la bande de Ghaza avec la complicité tacite -cela va sans dire- des Etats-Unis et de l’Europe. Mais comble du malheur avec la caution « morale » de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite.

La version officielle, répétée à l’envi par les médias occidentaux, nous dit que c’est le Hamas qui est l’unique responsable dans cette offensive israélienne.

Ainsi, ce parti politique fondé après le déclenchement de la première Intifada, en 1987, et qui avait bénéficié à l’époque de l’indulgence et du soutien de Sharon pour torpiller l’OLP d’Arafat, se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés pour le massacre que subissent les palestiniens de l’enclave de Ghaza.

Ces Palestiniens qui l’ont porté au pouvoir démocratiquement sous les applaudissements des observateurs internationaux aux anges qui se transforment aujourd’hui en redresseurs de tort, pour l’incriminer..

Selon les juges, le Hamas a rompu la trêve avec Israël en larguant ses roquettes, fabrication maison, sur l’Etat hébreu. Une version qui vaut certes son pesant de cacahuètes.

Mais alors pourquoi n’inclut-on pas dans le procès la circonstance atténuante de plusieurs mois d’un embargo qui maintient un million et demi de palestiniens dans une situation humanitaire qui confine à la catastrophe ?

Dieu du ciel, quelle est cette justice internationale qui cautionne sans vergogne les agissements défiant tout entendement d’un Etat au dessus de toutes les lois et de toutes les sanctions ?

On le sait maintenant et sans appel : c’est la justice du plus fort, celle d’un clan d’amis décidés à diriger le monde comme une jungle, où le fort dévore le faible. Et le fort a toujours raison, surtout quand il a tort.

Mais venons-en aux vérités cachées derrière ce scénario sanglant.

D’abord l’Egypte et l’Arabie Saoudite. Il faut savoir que le premier reçoit la plus grande aide substantielle des Etats-Unis dans la région, après Israël et la Turquie.

Par conséquent, il est clair qu’il y a belle lurette que Moubarak a monnayé la souveraineté de son pays.
Il ne peut donc se mettre au travers de la stratégie menée par les américains et Israël dans le Moyen-Orient.

Tout au plus, il continue à pérorer ses discours populistes sur la cause palestinienne qui ne séduisent que les naïfs.

La preuve en est, son refus d’ouvrir le passage de Rafah pour permettre aux palestiniens de Ghaza de fuir les bombardements de Tsahal. Il est de ce fait complice et cautionne tout à fait l’action militaire d’Israël contre le Hamas. Car ce dernier est soutenu par l’Iran, l’ennemi à abattre pour Moubarak au même titre qu’il est la bête noire de l’Arabie saoudite, l’autre pays sous protectorat américain.

C’est là où intervient Israël, en jouant sur cette haine entre frères ennemis pour tirer profit d’une situation qui l’avantage. L’Etat hébreu n’a pas oublié l’humiliation que lui a infligée le Hezbollah pendant la guerre du Liban en 2006. Il lui fallait donc, en ces temps d’élections, une occasion pour se racheter aux yeux de sa population, et dans la foulée, séduire les acheteurs d’armes, en démontrant sur le terrain qu’il garde intacte sa force de frappe sophistiquée.

Mais surtout, casser le Hamas, permettra d’éliminer un front ouvert immédiat, qui risque de le gêner lorsque viendra le temps de s’attaquer au gros morceau qu’est l’Iran ; pays qui représente la véritable menace imminente que craint Israël actuellement dans la région.

Pour réussir ce tour de force, Israël avait besoin de traitres utiles : l’Egypte et l’Arabie Saoudite ont répondu présents pour ce petit massacre entre “amis”, le temps d’un intérêt commun.

Pour le reste, à savoir l’opinion publique arabe qui s’étouffe de colère au vu ce que vivent les palestiniens de Ghaza aujourd’hui, sans que leurs gouvernements lèvent le petit doigt pour essayer de changer la situation, il suffit de méditer ce petit adage : l’ami de mon ennemi, n’est plus mon…

Les temps ont changé, et avec eux les serments d’autrefois…

Fayçal Anseur