L’information a circulé telle une trainée de poudre, l’assassinat du DGSN, Ali Tounsi, a ébranlé les Algériens ce jeudi 25 février 2010.


A peine l’information divulguée, elle s’est diffusée et propagée partout dans le pays, non sans susciter indignation, stupeur, incompréhension et surtout angoisse.

A Oran, le meurtre du DGSN était sur toutes les lèvres. Dans les coins, les cafés, les bureaux ou les marchés, on ne parlait que de cet événement. «Ce n’est pas du tout de bon augure», nous confie Youcef, un commis d’Etat, ahuri par la nouvelle. «On savait qu’il y avait un conflit au sein du Pouvoir. Mais de là à en arriver aux armes, c’est affreux».

La théorie du «soudain coup de démence» de l’assassin de Tounsi ne semble pas tenir la route dans la rue algérienne. Pour les Algériens, ce meurtre illustre un mauvais dérapage du duel entre clans du Sérail. «Déjà qu’on se réveille difficilement des cascades de scandales financiers et des soudaines et étranges enquêtes du DRS, voilà maintenant qu’on en arrive à des morts avec des moyens dignes du Far West», nous déclare Nabil, un étudiant en Droit. Et d’ajouter: «Ceci nous rappelle les très mauvais souvenirs de la décennie noire, quand les conflits étaient réglés à la John Wayne. Je suis vraiment angoissé par cette nouvelle».

Même son de cloche chez Nacera, Gérante d’un commerce: «Mais bon Dieu qu’est ce qui se passe!», s’exclame-t-elle, «J’ai l’impression que ce duel en haut va anéantir ce qui reste de ce pays». «Qu’on ne se leurre pas, cet assassinat ne restera pas sans suite. Je crains des représailles et je crains par-dessus tout un embrasement irréversible» s’inquiète, pour sa part, Ali, un chauffeur de Taxi.

L’assassinat du DGSN a plus que jamais plombé l’atmosphère dans une Algérie déjà assez stressée. Ce triste événement fait craindre le pire aux Algériens qui voient soudains remonter de mauvais souvenirs d’une époque qu’ils ont cru révolue. Que nous réserve demain? Allah Yehfad.

Nina A.

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