Le directeur des études et analyses de l'évolution des indicateurs sociaux pertinents au commissariat général à la planification et à la prospective, M. Faouzi Amokrane a indiqué lundi à Alger que la moitié de la population algérienne en âge de procréer était célibataire. Le responsable qui intervenait à l'occasion d'une journée d'étude sur la santé de la femme et du genre organisée par l'Institut national de la santé publique coïncidant avec la journée mondiale de la femme que le nombre des femmes en âge de procréer (entre 15 et 49ans) était de 10 millions.

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La moyenne d'âge de mariage des deux sexes est de 30 ans, a-t-il estimé faisant remarquer le recul de l'age de mariage au cours des dernières années du fait de plusieurs facteurs notamment l'augmentation du niveau d'instruction de la femme.
Pour M. Amokrane, le recul de l'âge de mariage de la femme a amené nombre de femmes à opter pour le non espacement des naissances au péril de leur santé et celle de l'enfant parfois. Plusieurs couples ont recours à l'insémination artificielle, a-t-il dit.

La moyenne de procréation varie entre un et trois enfants par femme ces dernières années en dépit de l'augmentation du taux de naissances (850.000 en 2009) et le recul de la mortalité néonatale (de 35 à 23 décès pour 1000 naissances vivantes).

Ces nouvelles donnes et la transition épidémiologique des maladies infectieuses aux maladies chroniques impliquent selon M. Amokrane "la nécessité de revoir la politique concernant la santé maternelle et infantile ainsi que le planning familial".

Pour sa part, Pr. Djamil Leban chef de service de néonatologie du CHU Mustapha Pacha a affirmé que le taux actuel de mortalité maternelle et infantile ne favorisait pas la réalisation d'un des principaux objectifs du millénaire pour le développement en la matière.

Le docteur Ould Taleb spécialiste en psychologie infantile a déploré de son côté l'absence d'une politique de santé et d'éducation sexuelle pour accompagner les adolescents.

Il a également souligné les carences enregistrées en matière de prise en charge de la santé mentale de la femme et des mineurs appelant à séparer les services hospitaliers de santé mentale qui accueillent les mineurs de ceux réservés aux adultes.
Il a, en outre, insisté sur la situation actuelle des maternités pour ce qui est de la surcharge et de la mauvaise prise en charge de femmes enceintes.

APS