Avec plus de 500 millions de locuteurs, l’arabe, langue officielle de vingt-deux pays,…

se situe en cinquième position des langues les plus parlées dans le monde. « En France, c’est la deuxième langue parlée », rappelle Alfred Gaillardin, vice-président de l’Association France-Algérie (AFA). Une réalité ignorée par le système éducatif français, puisqu’elle reste très peu enseignée dans le secondaire.

Un paradoxe qu’entendaient soulever le Centre culturel du monde arabe (CCMA) et l’AFA, qui organisaient hier un colloque sur « l’apprentissage des langues du monde arabe », au centre Infocom de Roubaix. Ils plaident pour que l’arabe soit davantage enseigné dans l’Education nationale et au cours de la formation professionnelle.

« Aujourd’hui les gens sont obligés de se tourner vers les associations ou les mosquées pour apprendre l’arabe. Or, les professeurs ne sont pas toujours agrégés. Proposer un enseignement dans les collèges et les lycées permettrait en outre de lutter contre le communautarisme car l’intérêt pour cette langue dépasse largement les personnes d’origine arabe », indique Raoul Weexteen, secrétaire général de l’AFA.
Atout professionnel

Dans un monde multipolaire et multiculturel, « l’anglais et le français ne suffisent plus pour communiquer et échanger » , assure Cherifa Chaour, sociologue et chercheuse en sciences sociales. La maîtrise de l’arabe peut alors se révéler être un excellent « avantage comparatif ».

Elle offre de réels débouchés professionnels, des filières commerciales aux institutions internationales en passant par les médias. « S’ils veulent rester crédibles, les médias à vocation internationale doivent diffuser en arabe », affirme Agnès Levallois, ancienne journaliste à France 24. À l’image de la BBC, qui tire une plus forte reconnaissance depuis qu’elle diffuse des programmes en langue arabe. Euronews, puis plus récemment les médias chinois et russes, ont suivi et se sont lancés dans cette offre.

Il en va aussi de calculs géostratégiques. Faut-il rappeler les liens de la France avec le Maghreb, mais aussi plus largement avec les pays arabophones de l’Union pour la Méditerranée ? Et réciproquement, c’est un « tremplin pour la francophonie. En montrant de l’intérêt pour l’arabe, on renforce l’intérêt de ces pays à apprendre le français », explique Cherifa Chaour. Un système « gagnant-gagnant ».

AMANDA CHAPARRO
La voix du nord