Dites, à quoi sert le pétrole ?

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Pétrole: bénédiction ou malédiction pour l’Algérie ?

Tout comme l’argent, le pétrole est un bon serviteur, mais un mauvais maître.

Dans les pays où il est dompté, l’or noir construit des autoroutes à plusieurs voies, bâtit des universités qui forment des têtes bien faites, envoie des hommes dans l’espace, booste l’économie en la diversifiant, honore le scientifique et célèbre l’artiste, pollue, mais pousse à penser vert, fait l’apologie de la « méritologie » et veille à ce que la justice soit juste.

Dans les pays où le pétrole n’est pas un moyen, mais une fin en soi, les projets sont officialisés sur le papier, mais absents sur le terrain, on n’envoie pas des hommes sur la lune, mais sous terre, on construit des universités pour former des chômeurs, on fait appel au marabout à la place du météorologue, pour expliquer la pluie et le beau temps, on ne se projette pas dans le futur, on se complaît à glorifier le passé qui n’a plus d’avenir, on étouffe le génie pour bien promouvoir la bêtise, on se paye une démocratie en achetant l’opposition, on étudie l’économie dans le marc du café et on construit le plus haut minaret du monde pour plaire aux bigots et réserver sa place au paradis.

En réalité, le pétrole n’est pas la cause, mais il peut être le moyen pour défendre une cause. Il n’est qu’une matière organique neutre. Son utilité dépend du nombre de neurones qu’on y investit et des objectifs qu’on se fixe.

Il permet aux uns de dominer le monde, et aux autres de soumettre leurs peuples. Les premiers pensent grand, les seconds pensent comptes en banque. Ceux-ci oublient l’histoire, qui va les oublier, ceux-là tentent de laisser des traces pour la postérité.

Les rentiers aiment jouir sans partage de cette manne éphémère, quand les hommes d’esprit cherchent à développer la matière grise inépuisable.

Tête ou estomac ? Sempiternel dilemme algérien…

Fayçal Anseur