oberlin Pr Christophe Oberlin* est connu pour son engagement en tant que médecin dans l’action humanitaire. Il intervient dans les parties du monde ravagées par les conflits armés. Il a effectué plusieurs séjours à Gaza et se trouvait dans cette ville assiégée durant les trois semaines de bombardements israéliens. Il est revenu à Paris avec des témoignages, un nouvel éclairage sur la situation dans la région, notamment à travers « Survivre à Gaza« , un livre d’entretiens avec son ami le chirurgien Gazaoui Mohamed Al-Rantissi, le frère d’Abdelazziz Al Rantissi,l’un des fondateurs du Hamas, assassiné par Israël en 2004.

Entretien :

1- Vous êtes un témoin de l’intérieur, puisque vous vous trouviez à Gaza durant les bombardements israéliens. Comment avez-vous vécu votre séjour sous les bombes, et quelle est l’image la plus marquante que vous gardez de cette expérience ?

L’image la plus marquante est celle d’un  garçon de 14 ans que nous avons reçus à l’hôpital de Rafah moins d’une demi heure après notre entrée à Gaza. Une bombe est tombée sur le la place du marché à la nuit. Quinze blessés ont été amenés instantanément. Parmi eux ce jeune homme, qui avait pris un éclat d’obus dans la colonne vertébrale et qui est maintenant paraplégique à vie.

Une autre image, plus gaie, est celle des douze chirurgiens égyptiens qui nous avaient précédés à l’hopital de Khan Younis, certains passés par des tunnels, et qui travaillaient si bien et en si bonne entente avec nos amis palestiniens. Cette solidarité à la fois chirurgicale et culturelle, pour ne pas dire religieuse, m’a beaucoup touchée.

2- Tsahal, relayée par des médias occidentaux, accuse le Hamas d’avoir utilisé la population civile comme bouclier humain, notamment dans les écoles et les hôpitaux de Gaza, et ce afin de justifier son lourd bilan en perte de vies humaines innocentes palestiniennes dont beaucoup de femmes et d’enfants. Est-ce que cet argument est crédible ?

Cet argument est un stéréotype raciste classique: l’arabe, pour Israël, est naturellement peureux (il se cache) et lâche (parmi les civils). La vérité est qu’un combat si inégal justifie de s’adapter, ce que fait la résistance palestinienne, dans la mesure de ses moyens.

3- Ces même commentateurs décrivent le Hamas comme une force brutale qui opprime et tient en otages les Gazaouis ?

Je n’ai jamais rien constaté ni entendu de tel. Bien au contraire la « cote » des résistants et en particulier du Hamas, me semble encore plus élevée à la suite de cette guerre. Des élections le démontreraient aisément.

4- Souscrivez-vous à ce discours et comment décririez-vous, vous le Hamas étant donné que vous avez rencontré personnellement ses dirigeants sur place ?

J’ai rencontré à de multiples reprises les dirigeants du Hamas, et leur discours m’a toujours semblé raisonnable et démocratique. Je note d’ailleurs que cette opinion que j’ai émise de multiples fois depuis plusieurs années, a été reprise il y a quelques mois par un diplomate français, Mr De La Messuzière , et ces jours ci par le vice président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Jean François-Poncet.

5- A ce propos, de votre dernier voyage à Gaza est né «  Survivre à Gaza », un livre d’entretiens avec Mohamed Al-Rantissi, chirurgien Gazaoui et frère de Abdelaziz Al-Rantissi, l’un des fondateurs du Hamas. Pouvez-vous nous dire un mot sur ce livre ?

Ce livre est tiré d’interviews qui retracent la vie d’un Gazaoui, Mohamed Al Rantissi, aujourd’hui l’un des meilleurs chirurgiens de la bande de Gaza. Il est né dans un camps de réfugié alors que sa mère, veuve à 35 ans et analphabète, avait 7 garçons à élever. L’ainé subvenait aux besoins de sa famille .. . en ramassant le crottin des chevaux  dans la rue! Avec d’énormes difficultés, trois des fils deviendront médecins, dont Abdelaziz, pédiatre assassiné par Israël en 2004. Le côté incroyable de ces interviews est l’absence d’outrance dans les propos de Mohamed, le calme, l’absence de plainte (je n’ai jamais entendu Mohamed Rantissi se plaindre). C’est un grand monsieur, qui gagne à être connu. Je suis fier d’être son ami.

6- Dans le livre Mohamed Al-Rantissi, accuse plusieurs dirigeants du Fatah, y compris Mahmoud Abbas, de collaborer avec Israël et conclut que seule la résistance islamique du Hamas est à même de faire plier l’Etat hébreu et d’aboutir à la création d’un Etat Palestinien. Êtes-vous d’accord avec cette position du Hamas ?

Je suis d’accord avec l’idée que le Fatah, du fait de l’absence de résultats positifs pour les palestiniens depuis la mort d’Arafat, est à bout de souffle, et ne travaille plus efficacement pour les palestiniens. La conséquence en est d’ailleurs le succès électoral du Hamas, qui dépasse nettement les sympathisants directs.

7- L’Union européenne et les Etats-Unis posent trois conditions au dialogue avec le Hamas : qu’il reconnaisse l’Etat d’Israël ; qu’il renonce à la violence ; qu’il reconnaisse les accords d’Oslo. Qu’en pensez-vous; est-ce que le Hamas accepterait ces conditions ?

Aucune de ces conditions ne peut être remplie avant la négociation. S’y accrocher revient à prolonger délibérément la guerre. La position du Hamas est claire et n’a jamais changé: négociations immédiates, directes, avec les représentants élus des palestiniens (y compris le fatah) sans préalables, sur le fond.

8- D’aucuns s’accordent à dire que la situation humanitaire est dramatique à Gaza. Vous en tant que médecin quel est votre constat ?

La situation économique, alimentaire est dramatique. Sur le plan médical, l’essentiel est assuré, notamment les urgences, mais certains traitements font cruellement défaut,  en particulier les traitement anti cancéreux.

9- Benyamin Netanyahou, réclame une nouvelle offensive contre Gaza, pour « terminer le travail et faire disparaître la menace » ( ndrl, le Hamas et le Hezbollah). A quoi devons-nous s’attendre, si jamais cette menace venait-elle à être mise à exécution ?

Ce serait une folie, un crime épouvantable que les USA et l’Europe ne l’en dissuadent pas. Et cela ne déboucherait sur aucun accord politique

Entretien réalisé par Fayçal Anseur
Pour algerie-focus.com et www.lefinancier-dz.com

(*)Christophe Oberlin – Médecin – FRANCE

Chirurgien spécialisé dans la microchirurgie et la chirurgie de la main. Responsable de missions de chirurgie réparatrice des paralysies auprès des blessés palestiniens depuis décembre 2001 (une quinzaine de missions au total). Professeur des Universités. Une centaine de publications, deux livres traduits en anglais, et en chinois. Responsable de deux Diplômes d’Université. A effectué une vingtaine de missions humanitaires de chirurgie réparatrice (lèpre, ulcère du Buruli) entre 1981 et 1995 (Centrafrique, Bénin, Congo, Côte d’Ivoire).
Sympathisant(e) ou membre de : Coordination des Appels pour une Paix Juste au PO,

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survivre-a-gaza

Pour la première fois un Palestinien, qui n’est ni un combattant ni un responsable politique, raconte l’histoire de sa famille. Il le fait avec une lucidité exceptionnelle. Nous allons de la Palestine tranquille, celle des champs d’orangers que l’on irrigue le soir, à la Palestine déchirée, de feu et de sang. L’auteur décrit d’abord l’exil intérieur, celui imposé aux siens par les milices juives en 1947 lors de la création d’Israël. Il rapporte les récits de l’exode entendus de la bouche des réfugiés, puis son propre témoignage prend le relais.
Au sein de son peuple, où le temps de l’adolescence n’existe pas, dès l’âge de huit ans Mohamed al-Rantissi devient un témoin de l’histoire des Palestiniens et plus particulièrement de celle de Gaza, montrant comment on peut survivre en enfer et devenir médecin sur une terre sans université. Revit ici Abdelaziz al-Rantissi, le frère de l’auteur, que l’on voit évoluer de la laïcité à la « solution » religieuse. Et fonder le Hamas auquel il donnera une audience internationale, avant d’être assassiné. On voit la « montée » du mouvement islamique et la répression israélienne qui l’accompagne. Les événements rapportés, avec des mots simples mais forts, jusqu’à la sanglante attaque de Gaza en janvier 2009, permettent enfin de comprendre cette histoire récente et peut-être les solutions de demain.

Mohamed al-Rantissi est un chirurgien orthopédiste palestinien, âgé aujourd’hui de cinquante ans. En 1947 sa famille a été contrainte de fuir les milices des organisations combattantes juives. Né à Gaza dans un camp de réfugiés, il a étudié en Syrie, au Bangladesh, en Irak et en France et dirige actuellement le service de chirurgie réparatrice de l’hôpital Nasser à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza. Il est le frère d’Abdelaziz al-Rantissi, cofondateur du Hamas, assassiné par Israël en 2004.

Editions Koutoubia
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Extraits du livre

al-rantissi-002 Mohamed al-Rantissi est un chirurgien orthopédiste palestinien, âgé aujourd’hui de cinquante ans. En 1947 sa famille a été contrainte de fuir les milices des organisations combattantes juives. Né à Gaza dans un camp de réfugiés, il a étudié en Syrie, au Bangladesh, en Irak et en France et dirige actuellement le service de chirurgie réparatrice de l’hôpital Nasser à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza. Il est le frère d’Abdelaziz al-Rantissi, cofondateur du Hamas, assassiné par Israël en 2004.

Le Hamas demande avec constance des négociations directes avec les Isaréliens. Jusqu’à présent,nos ennemis y opposent un refus total. Les conversations, celles dont on parle à la télévision, n’ont été que des mises en scène : l’exécution d’ordres donnés par les Israéliens à l’Autorité palestinienne, priée de jouer son rôle dans la comédie. Si une négociation est susceptible d’apporter le moindre bénéfice au p euple palestinien, le Hamas se tient prêt… Mais à sa manière : des conversations directes, sans conditions préalables.

Face à Israël qui refuse, depuis toujours, toute négociation sur le problème crucial, celui des frontières, il faudra donc imposer cette discussion dans l’ordre du jour. Le jour où Tel Aviv, et le monde occidental qui sont leur soutien, accepteront la réalité, c’est-à-dire la représentativité du Hamas, et de discuter sur la définition du territoire, un vrai pas sera franchi sur le chemin de la paix… La position du mouvement islamique est simple : oui à de vraies négociations, non au théâtre d’ombres.

Je n’ignore pas que nous sommes victimes de la plus écrasante des propagandes. Que, sur notre compte, chacun s’exprime sauf nous ! Notre programme tient sur trois pages dactylographiées. Il a été distribué dans les rues de Gaza, mais son contenu a bien du mal à franchir les frontières. Alors en Occident, dans les journaux, les radios et les télés, on continues sciemment à faire de la désinformation, à nous diaboliser, ce qui évite l’échange d’arguments. Un exemple, on s’acharne à nous reprocher la fameuse « non reconnaissance de l’État d’Israël » … Avant d’affirmer cela, il serait bon de définir ce qu’est cet État ! Un État qui n’a pas de frontières définies et qui refuse même l’existence de des dernières ^puisqu’il repousse l’étendue de son territoire à coups de canons ! Quel État d’Israël ? Celui qui n’a pas de Constitution ! Cette absence est d’ailleurs bien regrettable, car une Constitution aurait interdit la promulgation de toute une série de lois inégalitaires, racistes, qui n’auraient jamais été validées dans un pays doté d’un vrai cadre juridique. Et l’apartheid, à ma connaissance, n’est plus admis dans aucun pays démocratique ! Pour le Hamas, reconnaître Israël c’est donner une existence à ce payx qui na lui-même ni droit ni frontières.

Lisez donc quelle est la position du Hamas. Je ne parle pas de la charte du Hamas, écrite en 987, qui est caduque aujourd’hui. C’est un vieux texte qui ne nous lie absolument plus. Ce dont je parle ici, c’est la position actuelle du parti politique Hamas. Elle n’a rien de caché, on peut facilement la découvrir dans nos reprogrammes électoraux : « Nous affirmons que la solution majeure pour notre nation, que l’intérêt de tout notre peuple, passent par la reconnaissance du droit au retour pour nos réfugiés, par la libération de notre Lieu saint, la libération de nos prisonniers et passe aussi par l’établissement d’un État indépendant ayant Jérusalem pour capitale. Cette solution doit s’achever par l’affirmation de nos droits et d’un destin conduit sans aucune pression extérieure. » Où trouvez-vous ici la volonté de « jeter les Israéliens à la mer » Où trouvez-vous le trop célèbre mythe véhiculé en Occident ?

De quoi parlerons-nous si, par miracle, vient le temps de la négociation ? En premier lieu, devrait être établi un cessez-le-feu bilatéral de longue durée, que nous appelons « tahadi’a ». De nombreuses fois, le Hamas à préconisé la « tahadi’a ». Mais les Israéliens, comme si la perspective d’un état de paix les mettait mal à l’aise, l’ont toujours rompue. C’est sur ce modèle, celui de la fausse trêve, que des Palestiniens, dont la mort ne compte pas, sont chaque jour assassinés. Avec nous, s’il y a un cessez le feu de longue durée, un vrai cessez-le-feu, il sera respecté.

Notre deuxième exigence portera sur la liberté de voyager. Ce qui implique que le contrôle des entrées et des sorties de notre territoire, à partir de l’Égypte, soit une affaire purement palestino-égyptienne. Exigence aussi sur la reconstruction de l’aéroport. Il deviendra international et supprimera la nécessité du transite par le Caire, assortie des six heures de route nécessaires. Enfin,; un port en eau profonde doit ouvrir une voie de communication libre avec autres peuples du monde.
En cas des négociations séparées, ce qui aura été obtenu pour la bande de Gaza devra l’être aussi pour la Cisjordanie. Avec un accès libre et sur la Jordanie et à la bande de Gaza. Ce qui ira d’autant mieux de soi que, conformément aux décisions de l’ONU, les Israéliens devront se retirer sur la frontière de 1967. Tout ceci serait accepté par le Hamas puisque c’est le contenu de la « page blanche » de son programme officiel. Celui dont on ne parle jamais à Washington, Londres ou Paris.

Ce programme n’est pas nouveau, c’était celui d’Abdelaziz et d’Ahmed Yacine. Il est facile de se référer à leurs déclarations, les textes existent. Disons les choses franchement : le jour où quelqu’un veut vraiment parler de paix qu’il parler avec le Hamas,. Tout le reste relève de la société du spectacle. La vérité, je le répète, est que certains Israéliens, et tous les sionistes, considèrent l’état de guerre comme leur ciment communautaire, une situation post-biblique, et que ceux-là ont peur de la paix.

Globalement, nos exigences – frontières de 1967, liberté à Gaza et en Cisjordanie – sont proches de celles du Fatah. Mais il y a quelques différences. Nous, si nous sommes prêts à accepter cette nouvelle situation, celle du partage, nous ne voulons pas renoncer à nos droits. Nous n’acceptons pas de dire que nous sommes coupables de notre exil. Que c’est volontairement que nous avons quitté nos terres et nos biens en 1948. Quand on me demande: « Reconnaissez-vous Israël? », je répondes: «  Israël reconnaît-il que je suis réfugié et que je peux, comme le droit international le prescrit, retourner dans ma maison? »
Il faut qu’Israël et ses soutiens admettent que, dans ce drame, il y a un envahisseur et des envahis. Mais si nous discutons d’un retrait israélien de Gaza et de Cisjordanie, d’une complète liberté, la région sera calme pour très longtemps.

Alors, une deuxième discussion sera possible. Après vingt ou trente ans sans combats, des liens amicaux se seront tissés. Nous pourrons discuter sur un ton différent. On peut alors imaginer les populations des deux territoires choisissant librement de s’unir en un seul État.
Je sais qu’avant longtemps les Israéliens n’accepteront pas cette solution inspirée par la sagesse. Je n’ignore pas, a contrario, que les Israéliens apprennent toujours à leurs enfants que la Palestine est « leur » terre exclusive. Que les Palestiniens et les Arabes ont été créés par Dieu pour être leurs serviteurs. Cette culture devra donc changer.

Quand les juifs vivaient au sein d’une population majoritairement musulmane, ils bénéficiaient des droits de chacun, en complète égalité. Le droit de pratiquer leur religion, les droits économiques, les droits à l’emploi, à la sécurité, à la santé, au même titre que tout Palestinien. En Israël, dix à quinze pour cent des citoyens juifs savent très bien tout cela. Mais, forts de cette opinion, ils doivent se battre contre les Israéliens de droite et d’extrême droite. Ceux qui veulent étendre leur État vers le Golfe, et pourquoi pas du Nil à l’Euphrate !

Après Gaza, un jour les Israéliens se retireront de Cisjordanie. J’en suis certain. Je crains que cela ne se produise qu’après de sang versé,,,Mais j’espère que les Juifs sauront raccourcir le délai. Tout dépend d’eux. De leur côté, les Palestiniens savent qu’ils « doivent se gratter la peau avec leurs propres ongles », qu’ils ne doivent compter que sur eux-même et que ce ne sont pas les « armées arabes » qui leur viendront en aide. Le jour où notre peuple arrivera à ce point de réflexion, le destin basculera en notre faveur.

(,,,)

A propos de l’Irak ou du Liban, il n’y a pas en réalité de vrais problèmes entre chiites et sunnites. Si ce n’est quand le colonialisme s’en mêle et les pousse les uns contre les autres. Si les Américains se retirent, chiites et sunnites, qui sont musulmans, ne se feront plus la guerre. J’ai passé trois mois de ma vie à Bassora et trois ans en Irak. A Bagdad, quatre-vingt-dix pour cent des médecins qui m’entouraient étaient chiites et moi, le sunnite, j’avais d’excellents relations avec eux tous.
Les combats que l’on observe aujourd’hui en Irak entre sunnites et chiites ne sont donc pas de nature religieuses. Danse cent pour cent des cas il s’agit de manipulations es services américains ou israéliens – lesquels sont présent à Bagdad – pour qui la vraie nature de la politique est de régner par la corruption et la discorde.

Dans l’islam, il n’y a pas des sunnites et des chiites mais des musulmans qui se réclament de quatre écoles : malékite, chaféite, hanbalite et hanafite, très proches les unes des autres. À Gaza, onne peut pas dire que l’on appartienne exclusivement à telle ou telle des ces écoles à l’exclusion des autres. Nous tirons nos enseignements de ces quatre sources. Elle se complètent. Les quatre imams ont des prescriptions plus ou moins difficiles à respecter. Nous nous inspirons des quatre à la fois. Par exemple en tant que Palestiniens, nous sommes en principe sunnites, et pourtant nous sommes soutenus par le peuple iranien et son gouvernement, comme par les chiites du Hezbollah.

A la fin de cette réflexion, ce qui me surprend c’est que je suis en train de m’exprimer comme un dirigeant politique, alors que je ne suis qu’un médecin, d’abord passionné de chirurgie. Je vais vous dire, ce n’est pas moi qui m’intéresse à la politique, c’est elle qui s’impose à moi… Comment? Par le sort qui est infligé à notre peuple. Quel Palestinien aujourd’hui ne se sent pas concerné par la politique, qui , seule, peut nous rendre notre liberté.

La chirurgie est toute ma vie. A l’hôpital Nasser, je suis responsable dans le service d’orthopédie de l’ »unité de chirurgie de la main et des nerfs périphériques. J’opère nos blessés de guerre, notamment ceux qui souffrent de lésions des membres ou de paralysies. Si j’ai réussi cette spécialisation, c’est grâce à l’enseignement que j’ai reçu de mes amis français. J’ai su très vite, en février 2002, qu’une équipe venait de France pour nous aider à soigner nos blessés, nos handicapés. J’étais avide d’apprendre, de progresser, et j’ai fait venir le Pr Christophe Oberlin à Khan Younès avec son fidèle anesthésiste, le Dr Christophe Denantes. La chirurgie qu’il pratiquant était complètement nouvelle pour moi. Ensemble, le chirurgien des Hôpitaux de Paris et moi, nous avons rendu visite à mon frère Abdelaziz. Je me souviens que Christophe Oberlin avait demandé : Que pensez-vous de nous ? » Adbelazisz avait répondu : « Nous partageons des valeurs communes, qui sont celles de la Révolutions française ! » Après cette entrevue, Abdelaziz m’a dit : « Je crois que ce type est un honnête homme, accroche-toi à lui… »

J’ai ainsi appris l’usage du microscope opératoire, et j’ai pu acquérir le diplôme^me d’une université française. J’ai aussi appris à pratiquer les intervention à mes yeux les plus délicates : réparer les dégâts laissés par les malformations congénitales. En dehors de cette chirurgie faite à l’hôpital public, l’hôpital Nasser, je donne aussi des consultations privées à mon cabinet dans le camp de KhanYounès.

La religion, bien sûr, tient une place de plus en plus grande dans ma vie. Je me lève tous les matins vers quatre heures trente, en fonction de la saison, et me rends à pied à la mosquées, proche de chez moi. Après la première prière, j’aime rester là jusque vers six heures et demie. Avant, nous lisions ensemble le Coran et les hadith, par petits groupes. Maintenant, je préfère lire seul, à mi-voix, en marchant de long en large. Cela m’apporte une vraie plénitude. Je lis ainsi chaque jour un chapitre, ce qui correspond à une vingtaine de pages. Comme il y au ne trentaine de chapitres, en un mois j’ai lu la totalité du Coran. A chaque fois je mémorise davantage le texte. Et des citations me reviennent régulièrement à l’esprit, à l’occasion des petits faits de la vie quotidienne, mais aussi dans le conflit majeur qui nous oppose aux Israéliens. Ensuite, je regagne la maison. J’aime déjeuner avec toute ma famille réunie. Puis j’accompagne ma femme, Kefah, qui est maintenant directrice d’école. Elle fait son travail à merveille. Quelle énergie ! Elle partage son temps avec moi pour l’éducation des enfants. Mais elle est aussi très active dans des associations de femmes. On lui à proposé d’être candidate à des élections importantes : elle a pour l’instant refusé. Mais si elle était un jour élue, j’en serais extrêmement.

Nous avons ensemble six enfants. L’aîné s’appelle Bara,il est à l’université. C’est maintenant un grand gaillard. Avec l’âge et les épreuves – son cousin du même âge a été assassiné – son visage est maintenant empreint d’une certaine gravité, il a perdu son visage d’enfant. La barbe lui a poussé, et il sait parfaitement qui était Azzedine al-Qassam. Un jour où iul nous disait « plus tard, je ferai de la politique », Abdelaziz lui avait donné quatre conseils. « Apprends parfaitement l’arabe notre langue, l’anglais pour dire au monde que nous existons, le Coran qui te guidera dans toutes tes décisions. Et apprends aussi la poésie… »

Pour la première fois un Palestinien, qui n’est ni un combattant ni un responsable politique, raconte l’histoire de sa famille. Il le fait avec une lucidité exceptionnelle. Nous allons de la Palestine tranquille, celle des champs d’orangers que l’on irrigue le soir, à la Palestine déchirée, de feu et de sang. L’auteur décrit d’abord l’exil intérieur, celui imposé aux siens par les milices juives en 1947 lors de la création d’Israël. Il rapporte les récits de l’exode entendus de la bouche des réfugiés, puis son propre témoignage prend le relais.
Au sein de son peuple, où le temps de l’adolescence n’existe pas, dès l’âge de huit ans Mohamed al-Rantissi devient un témoin de l’histoire des Palestiniens et plus particulièrement de celle de Gaza, montrant comment on peut survivre en enfer et devenir médecin sur une terre sans université. Revit ici Abdelaziz al-Rantissi, le frère de l’auteur, que l’on voit évoluer de la laïcité à la « solution » religieuse. Et fonder le Hamas auquel il donnera une audience internationale, avant d’être assassiné. On voit la « montée » du mouvement islamique et la répression israélienne qui l’accompagne. Les événements rapportés, avec des mots simples mais forts, jusqu’à la sanglante attaque de Gaza en janvier 2009, permettent enfin de comprendre cette histoire récente et peut-être les solutions de demain.

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Le Hamas demande avec constance des négociations directes avec les Isaréliens. Jusqu’à présent,nos ennemis y opposent un refus total. Les conversations, celles dont on parle à la télévision, n’ont été que des mises en scène : l’exécution d’ordres donnés par les Israéliens à l’Autorité palestinienne, priée de jouer son rôle dans la comédie. Si une négociation eszt sucetptible d’apporter le moindre bénéfice au p euple palestinien, le Hamas se tient prêt… Mais à sa mpanière : des conversations directes, sans conditions préalables.

Face à Israël qui refuse, depuis toujours, toute négociation sur le problème crucial, celui des frontières, il faudra donc imposer cette discussion dans l’ordre du jour. Le jour où Tel Aviv, et le monde occidental qui sont leur soutien, accepteront la réalité, c’est-à-dire la représentativité du Hamas, et de discuter sur la définition du territoire, un vrai pas sera franchi sur le chemin de la paix… La position du mouvement islamique est simple : oui à de vraies négociations, non au théâtre d’ombres.

Je n’ignore pas que nous sommes victimes de la plus écrasante des propagandes. Que, sur notre compte, chacun s’exprime sauf nous ! Notre programme tient sur trois pages dactylographiées. Il a été distribué dans les rues de Gaza, mais son contenu a bien du mal à franchir les frontières. Alors en Occident, dans les journaux, les radios et les télés, on continues sciemment à faire de la désinformation, à nous diaboliser, ce qui évite l’échange d’arguments. Un exemple, on s’acharne à nous reprocher la fameuse « non reconnaissance de l’État d’Israël » … Avant d’affirmer cela, il serait bon de définir ce qu’est cet État ! Un État qui n’a pas de frontières définies et qui refuse même l’existence de des dernières ^puisqu’il repousse l’étendue de son territoire à coups de canons ! Quel État d’Israël ? Celui qui n’a pas de Constitution ! Cette absence est d’ailleurs bien regrettable, car une Constitution aurait interdit la promulgation de toute une série de lois inégalitaires, racistes, qui n’auraient jamais été validées dans un pays doté d’un vrai cadre juridique. Et l’apartheid, à ma connaissance, n’est plus admis dans aucun pays démocratique ! Pour le Hamas, reconnaître Israël c’est donner une existence à ce payx qui na lui-même ni droit ni frontières.

Lisez donce quelle est la positiond u Hamas. Je ne parle pas de la charte du Hamas, écrite en 987, qui est caduque aujourd’hui. C’est un vieux texte qui ne nous lie abslument plus. Ce dont je parle inci, c’est la position actuelle du parti politique Hamas. Elle n’ar iend e caché, on peut facitmement la découvrir dans nos rporgrammes électoraux : « Nous affirmons que la socution majeure pour notre nation, que l’intérêt de tout notre peuple, passent par la reconnaissance du droit au retour pour nos réfugiés, par la libération de notre Lieu saint, la libération de nos prisonniers et passe aussi par l’établissement d’un Etat indépendant ayant Jérusalem pour capitale. Cette solution doit s’avhever par l’affirmation de nos droits et d’un destin conduit sans aucune pression extérieure. » Où trouvez-vous ici la volonté de « jeter les Israéliens à la mer » Où trouvez-vous le trop célèbre mythe véhiculé en Occident ?

De quoi parlerons-nous si, par miracle, vient le temps de la négociation ? En premier lieu, devrait être établi un cessez-le-feut bilatéral de longue durée, que nous appelons « tahadi’a ». De nombreuses fois, le Hamas à préconisé la « tahadi’a ». Mais les Israéliens, comme si la perspective d’un état de paix les mettait mal à l’aise, l’ont toujours rompue. C’est sur ce modèle, celui de la fausse trêve, que des Palestiniens, dont la mort ne compte pas, sont chaque jour assassinés. Avec nous, s’il y a un cessez le feu de longue durée, un vrai cessez-le-feu, il sera respecté.

Notre deuxième exigence portera sur la liberté de voyager. Ce qui implique que le contrôle des entrées et des sorties de notre territoire, à partir de l’Egypte, soit une affaire purement palestino-égyptienne. Exigence aussi sur la reconstruction de l’aéroport. Il deviendra international et supprimera la nécessité du transite par le Caire, assortie des six heures de route nécessaires. Enfin,; un port en eau profonde doit ouvrir une voie de communication libre avec autres peuples du monde.
En cas des négociations séparées, ce qui aura été obtenu pour la bande de Gaza devra l’être aussi pour la Cisjordanie. Avec un accès libre et sur la Jordanie et à la bande de Gaza. Ce qui ira d’autant mieux de soi que, conformément aux décisions de l’ONU, les Israéliens devront se retirer sur la frontière de 1967. Tout ceci serait accepté par le Hamas puisque c’est le contenu de la « page blanche » de son programme officiel. Celui dont on ne parle jamais à Washington, Londres ou Paris.

Ce programme n’est pas nouveau, c’était celui d’Abdelaziz et d’Ahmed Yacine. Il est facile de se référer à leurs déclarations, les textes existent. Disons les choses franchement : le jour où quelqu’un veut vraiment parler de paix qu’il parler avec le Hamas,. Tout le reste relève de la société du spectacle. La vérité, je le répète, est que certains Israéliens, et tous les sionistes, considèrent l’état de guerre comme leur ciment communautaire, une situation post-biblique, et que ceux-là ont peur de la paix.

Globalement, nos exigences – frontières de 1967, liberté à Gaza et en Cisjordanie – sont proches de celles du Fatah. Mais il y a quelques différences. Nous, si nous sommes prêts à accepter cette nouvelle situation, celle du partage, nous ne voulons pas renoncer à nos droits. Nous n’acceptons pas de dire que nous sommes coupables de notre exil. Que c’est volontairement que nous avons quitté nos terres et nos biens en 1948. Quand on me demande: « Reconnaissez-vous Israël? », je répondes: «  Israël reconnaît-il que je suis réfugié et que je peux, comme le droit international le prescrit, retourner dans ma maison? »
Il faut qu’Israël et ses soutiens admettent que, dans ce drame, il y a un envahisseur et des envahis. Mais si nous discutons d’un retrait israélien de Gaza et de Cisjordanie, d’une complète liberté, la région sera calme pour très longtemps.

Alors, une deuxième discussion sera possible. Après vingt ou trente ans sans combats, des liens amicaux se seront tissés. Nous pourrons discuter sur un ton différent. On peut alors imaginer les populations des deux territoires choisissant librement de s’unir en un seul État.
Je sais qu’avant longtemps les Israéliens n’accepteront pas cette solution inspirée par la sagesse. Je n’ignore pas, a contrario, que les Israéliens apprennent toujours à leurs enfants que la Palestine est « leur » terre exclusive. Que les Palestiniens et les Arabes ont été créés par Dieu pour être leurs serviteurs. Cette culture devra donc changer.

Quand les juifs vivaient au sein d’une population majoritairement musulmane, ils bénéficiaient des droits de chacun, en complète égalité. Le droit de pratiquer leur religion, les droits économiques, les droits à l’emploi, à la sécurité, à la santé, au même titre que tout Palestinien. En Israël, dix à quinze pour cent des citoyens juifs savent très bien tout cela. Mais, forts de cette opinion, ils doivent se battre contre les Israéliens de droite et d’extrême droite. Ceux qui veulent étendre leur État vers le Golfe, et pourquoi pas du Nil à l’Euphrate !

Après Gaza, un jour les Israéliens se retireront de Cisjordanie. J’en suis certain. Je crains que cela ne se produise qu’après de sang versé,,,Mais j’espère que les Juifs sauront raccourcir le délai. Tout dépend d’eux. De leur côté, les Palestiniens savent qu’ils « doivent se gratter la peau avec leurs propres ongles », qu’ils ne doivent compter que sur eux-même et que ce ne sont pas les « armées arabes » qui leur viendront en aide. Le jour où notre peuple arrivera à ce point de réflexion, le destin basculera en notre faveur.

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A propos de l’Irak ou du Liban, il n’y a pas en réalité de vrais problèmes entre chiites et sunnites. Si ce n’est quand le colonialisme s’en mêle et les pousse les uns contre les autres. Si les Américains se retirent, chiites et sunnites, qui sont musulmans, ne se feront plus la guerre. J’ai passé trois mois de ma vie à Bassora et trois ans en Irak. A Bagdad, quatre-vingt-dix pour cent des médecins qui m’entouraient étaient chiites et moi, le sunnite, j’avais d’excellents relations avec eux tous.
Les combats que l’on observe aujourd’hui en Irak entre sunnites et chiites ne sont donc pas de nature religieuses. Danse cent pour cent des cas il s’agit de manipulations es services américains ou israéliens – lesquels sont présent à Bagdad – pour qui la vraie nature de la politique est de régner par la corruption et la discorde.

Dans l’islam, il n’y a pas des sunnites et des chiites mais des musulmans qui se réclament de quatre écoles : malékite, chaféite, hanbalite et hanafite, très proches les unes des autres. À Gaza, onne peut pas dire que l’on appartienne exclusivement à telle ou telle des ces écoles à l’exclusion des autres. Nous tirons nos enseignements de ces quatre sources. Elle se complètent. Les quatre imams ont des prescriptions plus ou moins difficiles à respecter. Nous nous inspirons des quatre à la fois. Par exemple en tant que Palestiniens, nous sommes en principe sunnites, et pourtant nous sommes soutenus par le peuple iranien et son gouvernement, comme par les chiites du Hezbollah.

A la fin de cette réflexion, ce qui me surprend c’est que je suis en train de m’exprimer comme un dirigeant politique, alors que je ne suis qu’un médecin, d’abord passionné de chirurgie. Je vais vous dire, ce n’est pas moi qui m’intéresse à la politique, c’est elle qui s’impose à moi… Comment? Par le sort qui est infligé à notre peuple. Quel Palestinien aujourd’hui ne se sent pas concerné par la politique, qui , seule, peut nous rendre notre liberté.

La chirurgie est toute ma vie. A l’hôpital Nasser, je suis responsable dans le service d’orthopédie de l’ »unité de chirurgie de la main et des nerfs périphériques. J’opère nos blessés de guerre, notamment ceux qui souffrent de lésions des membres ou de paralysies. Si j’ai réussi cette spécialisation, c’est grâce à l’enseignement que j’ai reçu de mes amis français. J’ai su très vite, en février 2002, qu’une équipe venait de France pour nous aider à soigner nos blessés, nos handicapés. J’étais avide d’apprendre, de progresser, et j’ai fait venir le Pr Christophe Oberlin à Khan Younès avec son fidèle anesthésiste, le Dr Christophe Denantes. La chirurgie qu’il pratiquant était complètement nouvelle pour moi. Ensemble, le chirurgien des Hôpitaux de Paris et moi, nous avons rendu visite à mon frère Abdelaziz. Je me souviens que Christophe Oberlin avait demandé : Que pensez-vous de nous ? » Adbelazisz avait répondu : « Nous partageons des valeurs communes, qui sont celles de la Révolutions française ! » Après cette entrevue, Abdelaziz m’a dit : « Je crois que ce type est un honnête homme, accroche-toi à lui… »

J’ai ainsi appris l’usage du microscope opératoire, et j’ai pu acquérir le diplôme^me d’une université française. J’ai aussi appris à pratiquer les intervention à mes yeux les plus délicates : réparer les dégâts laissés par les malformations congénitales. En dehors de cette chirurgie faite à l’hôpital public, l’hôpital Nasser, je donne aussi des consultations privées à mon cabinet dans le camp de KhanYounès.

La religion, bien sûr, tient une place de plus en plus grande dans ma vie. Je me lève tous les matins vers quatre heures trente, en fonction de la saison, et me rends à pied à la mosquées, proche de chez moi. Après la première prière, j’aime rester là jusque vers six heures et demie. Avant, nous lisions ensemble le Coran et les hadith, par petits groupes. Maintenant, je préfère lire seul, à mi-voix, en marchant de long en large. Cela m’apporte une vraie plénitude. Je lis ainsi chaque jour un chapitre, ce qui correspond à une vingtaine de pages. Comme il y au ne trentaine de chapitres, en un mois j’ai lu la totalité du Coran. A chaque fois je mémorise davantage le texte. Et des citations me reviennent régulièrement à l’esprit, à l’occasion des petits faits de la vie quotidienne, mais aussi dans le conflit majeur qui nous oppose aux Israéliens. Ensuite, je regagne la maison. J’aime déjeuner avec toute ma famille réunie. Puis j’accompagne ma femme, Kefah, qui est maintenant directrice d’école. Elle fait son travail à merveille. Quelle énergie ! Elle partage son temps avec moi pour l’éducation des enfants. Mais elle est aussi très active dans des associations de femmes. On lui à proposé d’être candidate à des élections importantes : elle a pour l’instant refusé. Mais si elle était un jour élue, j’en serais extrêmement.

Nous avons ensemble six enfants. L’aîné s’appelle Bara,il est à l’université. C’est maintenant un grand gaillard. Avec l’âge et les épreuves – son cousin du même âge a été assassiné – son visage est maintenant empreint d’une certaine gravité, il a perdu son visage d’enfant. La barbe lui a poussé, et il sait parfaitement qui était Azzedine al-Qassam. Un jour où iul nous disait « plus tard, je ferai de la politique », Abdelaziz lui avait donné quatre conseils. « Apprends parfaitement l’arabe notre langue, l’anglais pour dire au monde que nous existons, le Coran qui te guidera dans toutes tes décisions. Et apprends aussi la poésie… »

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