Port, APC, banques, «GNL 16» et proches de ministres, la wilaya d’Oran a été ébranlée ces dernières semaines par une série de scandales et d’affaires qui ont entraînés plusieurs «notables» de la ville devant les tribunaux. Ce tapage judiciaire n’est pas le fruit du hasard, nous déclare une source sécuritaire à Oran, mais bel et bien l’extension de la campagne dite «mains propres» enclenchée par la Présidence il y a quelques mois et qui a vu tomber les têtes de plusieurs personnalités nationales de haut rang.

Dans les coulisses, tous ceux qui sont aux commandes à Oran, qu’ils soient de l’administration ou des élus se tiennent le ventre et guettent la boite aux lettres: cette campagne n’en est qu’à ses balbutiements et des dizaines de rapports arrivent quotidiennement entre les mains du président lui-même, sans passer par des intermédiaires. La tension est à son comble.

En effet, selon nos sources, «les rapports des différentes enquêtes menées localement, par les différentes brigades financières et économiques de la Police ou de la Gendarmerie, ou même par le DRS, sont transmis directement à la Présidence. Et il y en a des noms de responsables dans ces rapports».

Ces actions ont été entamées suite au déclenchement de ce qui a été appelé par la suite «la campagne main propre» et concernant toutes les wilayas d’Algérie et pas uniquement Oran. Mais la fréquence avec laquelle sont épinglés les responsables de la capitale de l’Ouest laisse supposer qu’elle bénéficie d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics. Peut-être que c’est à cause des proportions alarmantes qu’a pris le phénomène de la corruption et des dilapidations. Ou de la tenue prochaine d’un événement de taille comme le «GNL 16».

Nos sources posent une autre thèse, mettant en relation cette campagne et les blâmes successifs infligés aux responsables locaux à chaque visite présidentielle ou de hauts responsables du gouvernement, la dernière étant celle du ministre de l’Intérieur Zerhouni qui, dit-on, s’est montré pour le moins insatisfait de l’état de la wilaya d’Oran. «Il y a un ras-le-bol à Alger sur les méthodes de gestion locale. Mis à part les projets sectoriels, décidés centralement, comme le tramway ou les programmes d’habitat, Oran est incapable de mener une politique correcte de développement local», précise notre source. De plus, la wilaya d’Oran a bénéficié d’un grand pactole pour le prochain quinquennat.

A la Présidence, il semblerait qu’on veuille avertir tout le monde que le temps des vaches maigres est arrivé. Et qu’aucun répit ne sera accordé pour assurer une gestion rationnelle de l’argent du Trésor. L’avertissement semble bien passer à Oran, la plupart des responsables locaux étant sous haute tension, même pour les plus honnêtes d’entre-eux. Car beaucoup craignent une «chasse aux sorcières aveugle». Nos sources rassurent que non. «Toutes les accusations formulées jusqu’à présent reposent sur des éléments plausibles que la Justice analyse sereinement», conclut notre source.

Nassim B.