M. Zerhouni a appelé les futurs chercheurs à consacrer davantage leurs travaux sur les énergies alternatives aux hydrocarbures, lors de la 14è Journée de l’Energie, organisée par l’Ecole nationale polytechnique, sur le thème « Stratégie énergétique du monde musulman : pour un développement durable ».

« Le monde commence à s’installer dans une situation de pénurie d’énergies et spécialement celle à base d’hydrocarbures (pétrole et gaz) », a-t-il indiqué.
« Je voudrais inviter les futurs chercheurs à penser et à consacrer davantage de recherches et d’investissements pour essayer non seulement de faire l’inventaire des conséquences de cette pénurie dans laquelle le monde, y compris l’Algérie va s’installer, mais aussi sur des alternatives qui pourraient faire face à cette nouvelle donne aux niveaux mondial et national en particulier » a-t-il décralé.

Sortir de l’ère du pétrole, mais avec quelle argent ?

« A moins de découvertes significatives et concrètes d’hydrocarbures, nous devons nous inscrire dans la perspective d’aboutir à des énergies alternatives d’ici 2050 », a dit le Ministre.

Dans un pays normalement constitué et équilibré, tout le monde devrait se réjouir d’une telle prise de conscience du gouvernement quant aux challenges à relever en matière de politique énergétique et les possibles alternatives à la dépendance aux hydrocarbures.

Le hic, c’est que chez nous en Algérie, rares sont les beaux discours qui trouvent leur continuation dans les faits. Pour accéder au standard technologique international en matière d’énergies renouvelables et alternatives, il est impératif de mener une politique volontariste dans ce domaine, avec une feuille de route, des objectifs à atteindre, mais surtout des moyens à mettre en œuvre. Or, quand on connaît aujourd’hui l’état de délabrement de l’université algérienne, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, il est difficile de s’attendre à des révolutions dans le domaine, du moment que celui-ci est délaissé.

Quand la loi de finance 2010 accorde au ministère de l’intérieur un budget de 387 milliards de dinars, soit l’équivalent des budgets cumulés de six autres ministères réunis- la santé, l’agriculture, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, la culture et la jeunesse et les sports- on voit bien où se trouvent les priorités.

En guise de bonne volonté, pour donner l’exemple et pour joindre le geste à la parole, M Zerhouni, comme un Robin des bois de la cause scientifique, pourrait par exemple demandé qu’on investisse une partie du budget alloué à son ministère, dans la création de laboratoires et le financement des recherches dans l’énergie renouvelable. Un scientifique bien formé et apporteur de plus-value, est nettement plus utile à une nation qu’un policier en faction devant la résidence d’un haut fonction de l’État.

RAF