Plus de 7.500 cas de cancer sont enregistrés chaque année en Algérie où l’on dénombre également 3.500 décès des suites de cette maladie, ont indiqué lundi à Jijel des cancérologues lors d’une rencontre d’information et de sensibilisation sur cette pathologie. Pour cette année, 9.000 nouveaux cas ont été décelés, les fumeurs constituant les « premières victimes », ont souligné des intervenants en signe de signal d’alarme. Le cancer du sein est le premier de la femme en Occident, au Maghreb et en Algérie, a souligné, le Dr. Nacéra Benoumechiara, sénologue au Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) d’Alger, dans une intervention présentée dans le cadre de la caravane initiée par l’association El Amel (l »espoir) et le CPMC pour le « mois de lutte contre le cancer du sein ».

Cette spécialiste du cancer a expliqué, dans une communication, les origines du cancer du sein chez la femme et les différents facteurs de risques (hormonaux, génétiques), avant de préciser que cette pathologie se présente sous deux aspects, l »un sporadique dans 90 pour cent des cas et un aspect génétique dans 5 à 10% des cas, insistant notamment sur la nécessité d’une consultation d’oncogénétique, mise en place par ailleurs au sein du CPMC.
Les symptômes, personnes à risque, facteurs de risque, cause, évolution, prévention, traitements médicaux et dépistage ont été longuement abordés par le Dr. Benoumechiara, membre de cette caravane qui a déjà sillonné dix sept wilayas du pays.
Au CPMC, le service de chirurgie est passé de 300 nouveaux cas en 1995 à 900 nouveaux cas en 2008, a-t-elle ajouté, notant que l’Algérie enregistre 7.000 nouveaux cas par an et plus de 3.000 décès annuellement, résultant de cette maladie.
Le surpoids ou l’obésité, le manque d’activité physique, la consommation d’alcool, la prise d’œstrogènes, l’exposition à des produits chimiques cancérigènes, sont parmi les facteurs de risque pouvant générer cette maladie, a-t-elle expliqué, insistant notamment sur les mesures de dépistage qui visent à détecter le plus tôt possible le cancer afin d’en enrayer la progression et, éventuellement, parvenir à une rémission.
D’autres communications se rapportant à l’image mamographique, à la place de la cytologie dans le dépistage du cancer du sein, la chimiothérapie dans le traitement du cancer du sein et la radiothérapie ont été présentées lors de cette journée par des membres de cette caravane.
La mise en route de cette caravane avait été décidée, rappelle-t-on, en octobre dernier lors d’une journée parlementaire organisée à l’Assemblée populaire nationale (APN).
Cette rencontre locale de sensibilisation et d’information, initiée par l’association El-Fedjr de Jijel, dans la salle de conférences de la wilaya, a été marquée par une présence en force du corps médical, paramédical, des responsables de la caisse nationale de sécurité sociale (CNAS) ainsi que de nombreux partenaires impliqués de près ou de loin dans la lutte contre le cancer.

APS