A bien regarder et lire la série d’articles qui depuis quelques jours sont publiés autour de la question de la liberté de la presse et des journalistes en Algérie, 3 Mai oblige, un sentiment de malaise domine plus que jamais cette année.

Après 20 ans d’existence, cette presse se doit aujourd’hui de relever un défit des plus urgent, celui du combat pour les droits sociaux et moraux des journalistes et qui ne peut passer que par la création d’un syndicat fort et représentatif. Car comment peut ont évoquer la situation de la liberté de la presse et de la liberté d’expression quand les journalistes eux même vivent dans la précarité sociale, quand leurs droits sociaux et moraux sont bafoués, quand ils sont sous-payés, sans couverture sociale, exploités, tout cela sans oublier les pressions, intimidations de toutes parts, y compris de la part de « leur patron ». Il faut sortir des rédactions centrales pour connaitre ce vécu peut réluisant des journalistes : à l’intérieur du pays leur situation est des plus dramatique.

D’ailleurs il y a quelques chose de fort dérangeant quand on lit certains patrons de presse ou quand on les écoute parler d’éthique et de droits des journalistes, alors qu’ils que probablement nombre d’entre eux oublient d’appliquer « dans leur maison » ces nobles principes.

Récemment un collègue vient de disparaitre à peine à 61 ans. Parti discrètement. Tous les titres lui ont consacré un espace, saluant l’homme et son travail. Il a eu droit à de belles épitaphes, mais pour sa famille c’est l’horreur, car il n’a jamais eu de couverture sociale et donc sa veuve n’aura aucune pension. Est-ce là une situation tolérable ?

Nombre de journaliste sont conscients qu’il est urgent de créer un syndicat autonome et véritablement représentatif, qu’il est urgent de mener prioritairement ce combat car ce n’est qu’ainsi que les droits des journalistes seront défendus et respectés.

Aussi, obliger les éditeurs à mettre en place des conventions collectives, disposition prévue dans la loi mais jamais appliquée, sauf à quelques exceptions dans les titres de la presse publique. Une situation en forme de statut quo qui arrange les éditeurs et les pouvoirs publics qui dans ce cas de figure se transforme en complaisance de l’un envers l’autre

En effet, grâce aux conventions collectives seront ainsi clarifiées tous les droits sociaux des journalistes: le statut, les rémunérations, les régimes indemnitaires la gestion des carrières, le droit à la formation,ect… Jusqu’ici tout fonctionne par le fait du prince ou par l’allégeance, ou pis encore par le laisser faire .

Les journalistes, fragilisés ont choisi d’agir individuellement et multiplient des missions pour 3 ou 4 journaux, ne restant permanent dans un seul titre. C’est une façon de combler la misère salariale mais qui a un revers terrible : l’abandon de toutes revendications et de tout engagement pour plus de justice sociale dans ce secteur d’activité. Certes la profession de journaliste reste une profession quelque peu à part, mais pour les journalistes Algériens il est temps de se concevoir non pas comme un « 4éme pouvoir », où les héros de la démocratie, mais comme de simples salariés face à un patron .

Le combat pour l’éthique et la déontologie découlera de lui-même par la suite ….

F MOULAY