Le Gouvernement algérien est peut-être le dernier à réagir à l’attaque de Tsahal contre le convoi humanitaire à destination de Gaza et aucune information officielle n’est disponible encore sur le cas des 32 Algériens qui font partie de la Flottille Gaza. Plus de 12 heures après que le Monde ait consommé l’événement et les pays réagi chacun selon sa perception des faits, l’Algérie se retrouve en queue de peloton avec une classique condamnation et rien sur les Algériens victimes de l’attaque.

«L’Algérie condamne, de la manière la plus énergique, la lâche et criminelle agression perpétrée par l’armée israélienne contre la flottille de la paix -Free Gaza- qui transporte des militants de la paix ainsi que des vivres pour briser le blocus inhumain imposé aux populations civiles à Gaza depuis juin 2007», a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

L’Algérie «appelle à une réaction vigoureuse et unanime de la communauté internationale, y compris au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies, pour condamner, de la manière la plus ferme, cet acte sanglant de piraterie internationale que rien ne saurait justifier».

«Il revient également à la communauté internationale de prendre les dispositions nécessaires pour faire, sans délai, toute la lumière sur cette violation du droit international humanitaire afin qu’un tel acte, que réprouve la morale internationale, ne se reproduise plus», a-t-il encore affirmé dans le communiqué. La réaction, bien que standard, enfin pondue, il nous reste maintenant d’obtenir des nouvelles de nos compatriotes qui étaient à destination de Gaza.

Et les nouvelles ne sont pas vraiment bonnes. Selon une membre de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP) à Paris, interrogée par LeMonde.fr, il y aurait deux Algériens tués lors de l’attaque pirate des soldats israéliens. «Il est toujours très difficile d’avoir des informations sur ce qui s’est passé, Mais nous avons appris que l’un des bateaux avait accosté au port d’Haïfa. Les passagers ont été soumis à des contrôles et leurs téléphones ont été coupés. Nous savons qu’il y a deux Algériens parmi les personnes tuées lors de l’assaut», déclare-t-elle.

Une information difficile à confirmer ou à infirmer puisque l’Etat hébreu contrôle l’information sur ce sujet. Selon Adnane Ben Youssef, attaché de presse de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP), le gouvernement israélien «fait un blackout total sur l’information distillée à la presse».

Et les autorités algériennes ne font rien pour éclairer l’opinion publique à ce sujet.

Nina A.