La panique s’empare du Sérail

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Il est tout de même saisissant de constater une abondance de virus informatiques dans un pays où les pénuries de médicaments et de réactifs sont cycliques et officialisées par décret ou par LFC. L’Etat, le Système ou le Sérail sont arrivés au point fatidique de s’attaquer systématiquement à tout espace ou courant susceptibles d’aller à contre-sens du consensus national. Et ce dernier veut imposer, par des méthodes inefficaces et surannées, un point de vue collectif qui ferait du Président un roi de droit divin, nous présenter les ministres comme un dommage collatéral ou des bouc-émissaires et faire la propagande exclusive et indiscutable, sous peine d’invective et d’exclusion, d’une Algérie belle, bonne et sans pauvres.

La déconnexion totale entre le pays, le peuple et leurs dirigeants étant consommée et périmée, il ne nous reste, maintenant qu’à faire l’amer constat d’un système paniqué qui perd ses repaires et replonge dans la vengeance cannibale et les représailles internes. Et ce système panique non parce qu’il a peur d’un sursaut de conscience populaire mais juste de peur du vide qu’il a lui-même semé tout au long de son existence.

Cette angoisse du chaos s’illustre quotidiennement à qui veut bien en prendre conscience. Elle se manifeste par le recours systématique à la Justice dite «indépendante» pour réprimer et dénier la souffrance du peuple qui n’a plus d’autre canal d’évacuation que les grèves, les émeutes ou les embarcations de fortune. Elle se manifeste aussi par l’absence même de ce système lorsqu’il s’agit de diriger le pays, car même s’il est par définition totalitaire, tout système ne perd jamais son souci de l’autorité et du contrôle fussent-ils despotiques. La panique des cercles d’en-haut est aussi manifeste par ses campagnes de chasse aux sorcières que l’on a voulu passer pour des campagnes de mains propres.

Il est sommaire que la propreté ne peut-être acquise au moyen de la saleté ou de ses résidus. Enfin, comme tout animal qui panique, le système se replie sur lui-même, devient paranoïaque et décrète l’anarchie en mode de fonctionnement. Les jours à venir seront durs. Et les Algériens sont prévenus: le pays est amplement lancé dans un processus de régression qui nous rendrait presque nostalgiques des pires périodes postcoloniales.

Hicham A.