Quelque 9.000 nouveaux cas de cancer du sein et 3.000 décès des suites de cette maladie sont enregistrés chaque année en Algérie, a indiqué, dimanche à Mila, le président de l’association « El Amel » d’aide aux cancéreux, Abdennour Kitab. « Le cancer du sein représente aujourd’hui la maladie la plus grave atteignant les femmes », a souligné le même responsable, qui s’exprimait au cours d’une journée d’information et de sensibilisation tenue de Mila à l’occasion de l’arrivée, dans cette ville, de la caravane de l’association « El Amel » qui sillonne l’Algérie depuis octobre 2009. Accompagnée par des médecins spécialistes et des radiothérapeutes, cette caravane a déjà parcouru 18 wilayas dans le but de sensibiliser sur la nécessité du dépistage précoce de cette maladie.
« C’est justement le dépistage tardif de cette pathologie en constante expansion qui constitue le premier obstacle à sa guérison », a rappelé M. Kitab, précisant que la prévention revêt en la matière, une « importance capitale ». Le wali de Mila qui a présidé la cérémonie d’ouverture de la rencontre, a appelé à une plus grande mobilisation contre ce mal, exhortant le mouvement associatif et la société civile à s’engager davantage dans ce combat.

L’assistance nombreuse qui a suivi la rencontre a été émue par les scènes du film documentaire projeté à cette occasion sous le titre : « entre les griffes du cancer » et qui rapporte des témoignages de femmes soignées pour ce mal au centre Pierre et Marie Curie et que l’association « El Amel » a eu à suivre et à aider.

Fondée en 1994 par des médecins et des travailleurs du centre anti cancéreux Pierre et Marie Curie de l’hôpital Mustapha Pacha à Alger, l’association « El Amel » prête assistance à quelque 600 malades du cancer par an, issus de différentes régions du pays pour se soigner au CPMC, les aidant en matière d’hébergement, de médicaments et bien d’autres actions susceptibles d’alléger leurs difficultés.

La rencontre a également essayé de répondre à différentes questions du public sur ce sujet, notamment les premiers symptômes et la façon dont se propage le mal. Le Dr Benouméchiara du CPMC a relevé que les causes du cancer du sein demeurent inconnues à ce jour mais qu’il a été répertorié certains facteurs favorisant, comme les facteurs héréditaires, l’âge, la puberté et la ménopause précoces, l’obésité, la prise de pilule contraceptive pendant trop longtemps sans surveillance médicale et le mariage trop tardif.

Elle a souligné que la prévention et le dépistage précoce demeurent les moyens d’éviter les traitements lourds comme la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie, « traitements très pénibles pour le patient et très coûteux pour la santé publique », a-t-elle fait remarquer. Elle a dans ce sens conseillé aux femmes, notamment celles âgées de plus de 40 ans, de procéder à des diagnostics périodiques par auscultation médicale, mammographies et analyses.

Les animateurs de cette rencontre ont par ailleurs indiqué qu’une stratégie de lutte contre ce mal, devenu un grand problème de santé publique en Algérie, est en voie d’élaboration par le ministère compétent qui a lancé dernièrement une opération de dépistage pour les femmes de plus de 40 ans et un programme de réalisation de 17 centres anticancéreux, d’ici 2012.

APS