La communauté internationale a été consternée par l’assaut donné lundi par l’armée d’occupation israélienne contre la « Flottille de la Liberté » chargée d’aide humanitaire à destination de la bande de Ghaza, le qualifiant de « massacre » « injustifié » perpétré à l’encontre de civils et réclamant des mesures coercitives contre Israël. Réagissant à cette énième agression israélienne, l’Autorité palestinienne a qualifié cette attaque de « massacre » perpétré contre une mission humanitaire destinée à la population de la bande de Ghaza sous blocus israélien, en réclamant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
Cette attaque a été perpétrée tôt le matin contre la flottille de solidarité internationale, composée de neuf bateaux chargés de 10.000 tonnes d’aide humanitaire et de matériaux de construction, qui se dirigeait vers l’enclave palestinienne pour tenter de briser le blocus imposé par Israël à ce territoire.

Le convoi a été intercepté par l’armée d’occupation israélienne qui a agressé un navire turc composant la flottille, faisant au moins 16 morts et des dizaines de blessés.

« Nous considérons qu’il s’agit d’un massacre que nous condamnons », a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas qui a décrété trois jours de deuil national à travers les territoires palestiniens à la suite de ces événements. L’Autorité palestinienne doit tenir dans la soirée de lundi une réunion pour débattre de la situation et prendre des décisions, selon une source officielle. Le haut responsable palestinien Saëb Erekat, a également fait savoir que l’Autorité palestinienne avait appelé les Etats-Unis à « intervenir d’urgence pour mettre fin aux agressions et aux crimes » commis par Israël.

Le mouvement palestinien Hamas a appelé à présenter les dirigeants israéliens devant la justice comme « criminels de guerre », et réclamé la tenue d’une réunion urgente des pays arabes et l’Organisation de la conférence islamique (OCI) pour examiner l’agression israélienne. Ce massacre « injustifié » a été également condamné « avec fermeté » par la Ligue arabe qui a appelé la communauté internationale et ses institutions a réagir immédiatement pour prendre des mesures coercitives contre Israël qui pratique toutes les formes de « terrorisme et de piraterie ». A cet effet, le secrétaire général de l’organisation panarabe, Amr Moussa, a appelé à une réunion urgente du conseil de la Ligue, mardi au Caire. L’un des pays initiateurs de cette mission humanitaire, la Turquie après avoir condamné fortement « ces pratiques inhumaines » israéliennes, a mis en garde Israël des « conséquences irréparables » sur les relations bilatérales.

Le raid de l’armée israélienne a été également condamné par les Nations unies, l’Union européenne (UE), ainsi que par beaucoup de pays. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est dit « choqué » et a condamné « ces violences », tout en soulignant la nécessité d’une « enquête complète ». Outre les Nations unies, l’UE par la voix de sa Haute représentante de la politique extérieure, Catherine Ashton, a aussi réclamé une « enquête complète » sur l’agression israélienne contre la Flottille d’aide. Elle a souligné que « la politique de fermeture de Ghaza » menée par Israël « demeure inacceptable », en appelant à la fin du blocus imposé à ce territoire et l’ouverture « immédiate » et « inconditionnelle » du passage de l’aide humanitaire et de la circulation des personnes et de l’activité commerciale vers l’enclave palestinienne.

L’Espagne, qui assure la présidence tournante de l’UE, a qualifié de son côté, « d’inacceptable » et de « grave » l’assaut militaire israélien contre la « flottille de la liberté » , et a décidé de convoquer l’ambassadeur d’Israël. Même ton adopté dans le reste des capitales européennes. A Paris la présidence française a « condamné » « l’usage disproportionné de la force », en exigeant « toute la lumière sur cette tragédie ». A Rome, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a « déploré » le « meurtre de civils » dans l’agression israélienne, en demandant également « qu’une enquête sérieuse et détaillée soit faite », alors que la Belgique a qualifié cette attaque de « disproportionnée ».

La bande de Ghaza est soumise depuis juin 2007 à un stricte blocus économique et de la circulation imposé par l’occupant israélien, qui ne cesse d’interdire l’entrée d’aides humanitaires ou de matériels de construction à cette enclave, ravagée par les agressions barbares sionistes en (décembre 2008 et janvier 2009).

APS