Le vieux chef historique du Front des forces socialistes (FFS), Hocine Ait Ahmed, a dénoncé samedi la proclamation d’un gouvernement provisoire de Kabylie, la semaine dernière en France par le président du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) Ferhat Mehenni, qualifiant la démarche de « menées aventureuses » mettant « en péril l’unité du pays ».
« D’aucuns essayent de mobiliser sur des thèmes à caractère religieux, régionalistes et même ethniques et poussent à une surenchère régionaliste, tout particulièrement en Kabylie », a fustigé Hocine Ait Ahmed, un des pères fondateur de la révolution algérienne, dans une lettre adressée au membres du Conseil national du parti.
Hocine Ait Ahmed souligne que « si les femmes et les hommes de notre pays ont refusé l’abdication et la soumission devant une des plus grandes puissances coloniales, non seulement sur toute l’étendue du territoire mais aussi en France, c’est qu’ils formaient un peuple uni et solidaire. Un grand peuple pour un grand pays ».
Hocine Ait Ahmed, lui-même originaire de Kabylie, vit en exil volontaire en Suisse, un choix qu’il a toujours justifié par son souci de « ne pas cautionner le pouvoir algérien » à qui il fait porter le chapeau de la crise politique que connaît le pays.
Samedi, un autre leader politique, Said Sadi, chef du rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), originaire de Kabylie, lui aussi, a pris ses distances avec l’initiative du MAK. « Autant on peut partager effectivement un certains nombre d’éléments dans la lecture de la situation politique, autant ce genre de démarches sont sans issues, il ne faut pas que le remède soit pire que le mal », estime-t-il dans un entretien au quotidien francophone « El Watan ».
Mercredi, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia avait qualifié la proclamation du gouvernement kabyle en exil de « tintamarre ».
Mercredi Ferhat Mehenni, qui avait souvent eu maille à partir avec le pouvoir algérien, avait annoncé la mise en place d’un gouvernement provisoire pour permettre, selon lui, aux kabyles « victimes de la marginalisation politique et linguistique de prendre en charge leur propre destin ».

AP