Le timing n’est pas anodin et le lieu n’est pas hasardeux, Ferhat Mehenni vient d’annoncer, à partir de Paris, la formation d’un «gouvernement provisoire kabyle» dirigé par lui-même. Avec le lot d’instrumentalisations qui lui sont propres, M. Mehenni motive cette démarche grave, stupide et à la limite du racisme par un lot de problèmes et d’injustice qu’il tente de faire croire qu’ils sont propres à la Kabylie.

Aussi, Ferhat Mehenni vient, à travers cette action, de franchir une ligne rouge en déclarant la création de ce qu’il appelle un «gouvernement provisoire» à partir du sol français, en plein Sommet Afrique-France avec la présence du Président algérien Bouteflika. Ferhat Mehenni s’enferme un peu plus dans un extrémisme politique déconcertant qui divise même au sein de son mouvement le MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie).

Le patron du MAK, bénéficiant d’une proximité étrange avec les autorités françaises, s’engouffre ainsi dans un bourbier au risque de se discréditer complètement sur la scène nationale et chez ce qui reste de ses sympathisants dans la région de Kabylie. Lui qui a souvent entrainé cette région dans des impasses qu’il n’a pas pris le courage de subir lui, puisqu’il bénéficie des largesses de l’Elysée.

Bien que la distinction même entre l’Algérie et la Kabylie soit absurde, M. Mehenni devrait savoir que les souffrances des Kabyles sont ceux de tous les Algériens, sans aucune distinction, bien que ses revendications sur la langue et la culture berbères soient légitimes. Nous condamnons tous ce régime totalitaire et arbitraire qui a réduit l’Algérie à une mamelle pompant éternellement sur des bases tribales et régionales.

Mais de là à menacer l’unité de notre pays, M. Mehenni vient de franchir une ligne rouge.

Hicham A.