Mais où est bien passé notre puissant ex-ministre de l’Intérieur et de tout ce qui s’en suit? Depuis le dernier «remaniement» ministériel, Noureddine Zerhouni ne donne plus signe de vie. Et Ouyahia multiplie les prouesses politiques.

Zerhouni, qui, peu de temps avant d’être «muté», avait multiplié les apparitions publiques en se mêlant de tous les sujets d’actualité tel un Président, est réduit, à présent, au silence et au chômage technique en attendant un éventuel décret qui pourrait lui expliquer à quoi il pourrait bien servir à présent. Nommé Vice-Premier ministre, l’homme fort du système Bouteflika a été réduit à un rôle d’assistant qui n’a pas encore signé son contrat de travail. Ouyahia n’en demandait pas plus et s’est saisi de cette opportunité pour peaufiner son image et gagner en notoriété. Ainsi, Ouyahia vient de mettre sous son aile l’affaire «Djezzy» et la construction de la Nouvelle ville de Hassi Messaoud. Deux projets consistants qui seront traités par le Premier ministre lui-même dans un souci de «patriotisme économique».

Ouyahia a aussi été à l’ouverture de la 43ème FIA et n’a eu aucun mal à commenter l’action de Ferhat Mehenni par un ton complètement zen, symbole d’un homme qui gagne en confiance. D’autres prérogatives viendront certainement se greffer aux missions de l’infatigable Ouyahia, lui que l’on désigne comme le carrefour de l’équilibre des pouvoirs au sein du Sérail. Pendant qu’Ouyahia se voit propulsé, Zerhouni, lui, s’éclipse totalement et semble perdre de son «aura» d’homme-pivot du clan présidentiel. Le retour aux affaires sera dur et ne sera pas facilité par son colocataire.

Le retard que prend la publication du Décret présidentiel devant déterminer les missions et responsabilités du Vice-Premier ministre, nous indique également sur les intentions de Bouteflika. Et si ce changement n’était pas une promotion mais une simple mis à l’écart qui prépare un départ «honorable» ?

Yasmina B.