La Centrale syndicale (UGTA) et le Gouvernement Ouyahia, réputé à cheval sur le principe du «patriotisme économique», ont fini par capituler face aux pressions de l’Indien Lakshmi Mittal en abandonnant inexplicablement la cause des 6.200 travailleurs du complexe sidérurgique ArcelorMittal d’El Hadjar (Annaba) et en jetant en pâturage le SG de son syndicat d’entreprise.

A l’issue d’une assemblée générale tenue jeudi 24 juin 2010, les travailleurs du complexe ArcelorMittal d’El Hadjar ont décidé de suspendre leur mouvement de grève et  de reprendre le travail le jour même à partir de 13 heures. A cette même occasion, le secrétaire général du syndicat d’entreprise, Smaïn Kouadria, a jeté l’éponge en annonçant sa démissionner. Les raisons : l’attitude incompréhensible de la Centrale syndicale à l’égard du leurs syndiqués du Complexe de Annaba. Cette attitude s’est manifestée par une correspondance de l’Union de wilaya de l’UGTA qui a intimé à la Section de l’entreprise d’arrêter leur mouvement de grève «générale et illimitée» jugé par la Justice comme «illégal». Smaïn Kouadria révélera, aussi, que l’Union de wilaya et la Centrale de l’UGTA ont porté gravement atteinte à l’éthique syndicale en négociant directement avec la Direction du Complexe alors que cette dernière était sous pression de la part de sa maison-mère qui lui demandait de régler ce conflit au risque d’être limogée.

Le Syndicaliste démissionnaire a qualifié l’acte de sa hiérarchie comme étant «irresponsable» et en opposition avec les intérêts des travailleurs du Complexe sidérurgique. M. Kouadria rajoutera qu’au moment où son Syndicat était venu en position de force pour entamer des négociations avec la DG du Complexe, l’Union des wilaya, la Centrale syndicale et le Premier ministère ont interféré au moyen de correspondances directes avec les responsables ArcelorMittal d’El Hadjar, affaiblissant ainsi le Syndicat d’entreprise et redonnant une «légitimité» à l’entêtement du partenaire indien. Cette action a ainsi privé les travailleurs du Complexe d’obtenir gain de cause à leurs revendications salariales et socioprofessionnelles.

Cette «débandade» a même obligé le partenaire minoritaire algérien, Sider, de quitter la table des négociations, laissant le partenaire indien seul dans une position de force. Pour rappel, à l’annonce du mouvement de grève, le Patron du géant indien, Lakshmi Mittal avait appelé, à plusieurs reprises, le Premier ministre Ouyahia afin qu’il intervienne et règle cette situation. Visiblement, le milliardaire indien a eu raison du «patriotisme économique» tant prôné par Ahmed Ouyahia, puisqu’au final, ce sont les travailleurs algériens qui ont été sacrifiés pour satisfaire au bon vouloir de cette multinationale. L’attitude de la Centrale syndicale et de son Patron Sidi Saïd est, quant à elle, tout a fait «normal» au vu de son passif.

Nina A.