Le suicide politique de Ferhat Mehenni n’aura pas été un acte manqué. Le patron du MAK a pourtant été informé des conséquences de sa démarche politique de la création d’un gouvernement provisoire de Kabylie. Des membres fondateurs du MAK et toutes les figures politiques de la Kabylie ont tenu, dès le départ, à se démarquer de Ferhat Mehenni, ne manquant pas de le conseiller sur les conséquences de son aventurisme.

Mais l’autoproclamé «Chef du gouvernement kabyle» n’a rien voulu entendre, s’emmurant dans l’entêtement. M. Mehenni ira même jusqu’à comparer la proclamation de son GPK, à partir de Paris, aux événements du 5 Octobre 1988 et même aux événements fondateurs de la Guerre de libération nationale. Poussant l’audace à son paroxysme, Ferhat Mehenni tentera d’instrumentaliser, de nouveau, les problèmes sociaux et sécuritaires dans lesquels patauge la région de Kabylie, arguant que cette situation lui est propre et qu’elle est, en plus, bien préméditée.

Ce qui est complètement absurde, cette situation étant le résultat global d’une incompétence généralisée et qui touche à tous les Algériens. Lâché par la classe politique kabyle, par la population kabyle même qui s’est montrée complètement indifférente à son annonce, M. Mehenni n’avait d’autre échappatoire que le soutien international. Il n’en sera rien, Paris, c’est-à-dire l’Europe, a annoncer clairement qu’elle ne peut cautionner ce genre d’acte. Mieux encore, la France a reconnu au Pouvoir algérien ses efforts pour la promotion de la culture kabyle, ce qui ne laisse aucun espace à la victimisation ethnique sur laquelle joue Ferhat Mehenni.

Que va-t-il faire maintenait ? Probablement rien, sauf constater les dégâts occasionnés par son coup de poker. Des dégâts qui risquent d’être terribles pour lui et son mouvement politique, le MAK, dont il vient de signer l’acte de décès.

Ali B.