Nos 32 compatriotes ont été libérés, sains et saufs (mis à part un blessé léger dont le cas ne présente pas de gravité). Ils sont, normalement, en sécurité en Jordanie d’où ils seront rapatriés prochainement. Le fil de ce tragique épisode a été pour le moins désastreux pour l’Algérie, tant du point de vue diplomatique que celui de la communication, une fois de plus, chaotique.

Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères affirme que «les efforts déployés par l’Algérie auprès des gouvernements de certains pays amis dont les gouvernements jordanien, turc et égyptien ont abouti à la libération ce matin (mercredi 2 juin 2010, Ndlr) à 4 heures (heure algérienne) des trente-deux ressortissants algériens arrêtes en violation des règles internationales par Israël après l’assaut meurtrier contre la ‘Flottille de la Liberté’».

Le Département de Mourad Medelci veut faire croire, ainsi, que cette libération est un accomplissement des efforts diplomatiques déployés par Alger. En réalité, il n’en est rien, même si des efforts ont été effectivement déployés par l’Algérie pour aboutir à la libération des militants algériens membres de la «Flottille Gaza». Un diplomate algérien, sous couvert de l’anonymat, explique: «En réalité, Israël a décidé de libérer tous les membres de la ‘Flottille de la Liberté’ sous la pression de ses partenaires occidentaux et américains surtout, eux-mêmes soumis à une pression grandissante de leur opinion publique. Les amis d’Israël n’ont pas procéder ainsi par compassion avec la cause palestinienne mais pour éviter à l’Etat hébreu l’aggravation de la situation déjà très désastreuse après leur attaque pirate contre des civils militants humanitaires».

Et d’ajouter: «Depuis quand Israël entend-il les appels de ses ‘amis’ arabes et musulmans. La diplomatie arabe surtout n’a aucun poids sur l’Etat hébreu et si ce dernier n’avait pas été épinglé par les Américains, on serait, à l’heure actuelle, dans une situation vraiment délicate».

C’est ainsi que l’on apprend que les efforts des pays «amis» de l’Algérie, bien que réels, n’ont pas été à l’origine de la fin de cette crise. La Secrétaire d’Etat américaine a confirmé cette version en déclarant que les Etats-Unis avaient exigé d’Israël la libération de tous les prisonniers. «Si les voix de l’Egypte et de la Jordanie, comme cité dans le communiqué du MAE, étaient écoutées en Israël, ça se saurait », conclut notre source.

Yasmina B.