L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du « quartet » sur le Proche-Orient, a appelé mercredi Israël à mettre fin à son embargo sur la bande de Gaza contrôlée par le Hamas.
« La politique de Gaza est contre-productive. Israël devrait laisser passer le matériel destiné à reconstruire les maisons, le système sanitaire, le système de distribution d’eau et d’électricité et permettre à l’activité de s’épanouir », a déclaré Tony Blair dans un entretien accordé à Reuters.
L’émissaire international a noté que le blocus n’avait pas aidé par exemple Israël à récupérer le soldat Gilad Shalit détenu par le Hamas depuis 2006 ou à affaiblir la position du Mouvement de résistance islamique.
La question d’une levée du blocus est revenue au premier plan de l’actualité depuis l’assaut meurtrier mené lundi par la marine israélienne contre une flottille de militants pro-palestiniens qui tentait de livrer du matériel dans l’enclave.
Dans une allocution télévisée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a cependant promis de maintenir le blocus. Le supprimer, a-t-il dit, reviendrait à faire de la bande de Gaza une base de lancement pour les missiles iraniens qui menaceraient à la fois Israël et l’Europe.

Pour Tony Blair, qui représente le « quartet » de médiateurs sur le Proche-orient composé des Nations unies, des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Russie, « il n’est pas sensé de mettre en oeuvre une politique qui nuit souvent à la population de Gaza et n’a rien à voir avec le Hamas ».
L’Etat juif nie l’existence d’une crise humanitaire à Gaza, assurant qu’il autorise l’entrée de nourriture et de médicaments dans l’enclave côtière tout en interdisant des matériaux comme le béton ou l’acier qui pourraient servir au Hamas en cas de confrontation armée.
Selon Tony Blair, interrogé à Bethléem où il participait à une conférence sur l’investissement, la situation à Gaza est depuis longtemps un sujet de préoccupation. « La qualité de l’eau est médiocre, il y a des coupures d’électricité huit heures par jour et le système sanitaire est un vrai problème. Il ne fait aucun doute que le problème existe et qu’il est grave. »

Reuters