Au vu des circonstances, on serait tenté de se défouler sur Ghezzal et Chaouchi, responsables présumés de la défaite des Verts face aux Slovènes. Mais revivons le match sans passion. L’Algérie, dominant largement certaines séquences du jeu, n’a pas su élever la cadence pour aller faire ce que l’on doit faire pour gagner un match de foot : marquer des buts en l’occurrence.

Nombre de spécialistes s’accordent à dire que les Algériens méritaient au moins un nul, vu leur prestation. Mais dans le foot, il existe une règle cruelle qui n’épargne aucune équipe : celle du réalisme glacial. Une qualité que les Slovènes n’ont pas oublié d’embarquer en venant affronter les protégés de Saâdane. Ces derniers ont offert au public un spectacle appréciable, variant leur jeu des passes courtes aux longues transversales, des attaques construites aux coups de pieds arrêtés, des pénétrations latérales aux tirs du centre.

Kadir a d’ailleurs été la découverte de ce premier match, apportant un équilibre sur le côté droit algérien, longtemps invisible et éclipsé par les chevauchés de Belhadj sur le flanc gauche. Jusqu’à la 60ème minute passée, les Verts poussaient et poussaient mais sans aucun réalisme ni efficacité. Le tournant du match a été l’expulsion (et non l’entrée) de l’attaquant algérien Ghezzal suite à deux fautes complètement stupides du sociétaire de Sienne. Le numéro 9 algérien semblait complètement out psychologiquement, lui qui subissait les foudres des critiques quant à son efficacité face aux buts. Ghezzal voulait tellement en faire, tellement marquer, qu’il a fini par causer la perte de son équipe.

Peut-on lui en vouloir pour autant ? Pour sa bonne volonté, non. Mais oui et même beaucoup pour son manque de professionnalisme et de sang froid dans un match d’une telle importance. Le fait est que, dans le football, quand on gagne, c’est toute l’équipe qui a gagné. Et de même quand on perd.

La même analyse s’applique à Chaouchi, coupable d’une bourde monumentale qui nous a coûté le but de la défaite aux Fennecs. Mais Chaouchi a, aussi, été à l’origine de nombreux sauvetages avant de commettre l’irréparable. Aucun joueur de foot n’est à l’abri de telles erreurs et les exemples dans ce sens existent à la pèle. Que faire maintenait ? Le public algérien doit continuer à soutenir et à supporter son 11 national.

Car comme le disait si bien Medan, il ne faut pas oublier d’où l’on vient, c’est-à-dire du néant. Peut-être que nous aussi nous sommes responsables de cette défaite, voulant toujours plus et à des proportions démesurées. L’Algérie n’est pas le Brésil ou l’Espagne et dans son groupe les deux favoris s’appellent l’Angleterre et les États-Unis. Il reste aux protégés de Saâdane deux finales à jouer pleinement et sans complexe. Le résultat importera peu, car un vrai supporter est toujours là quand son équipe perd. Parce que c’est tellement évident d’être là quand l’équipe gagne…

Ali B.